RAPPORT DE RECHERCHE

En bref

En bref

  • Les responsables financiers d’organismes publics interrogés par Accenture préfèrent effectuer des tâches à plus forte valeur ajoutée.
  • Ils se sentent également concernés par le changement que leurs homologues du secteur privé, étant les enjeux toutefois différents.
  • Les priorités stratégiques concernent l’exploitation des données, le renforcement de l’automatisation et l’adaptation des compétences au numérique.


Combler le fossé entre public et privé

Que signifie être responsable financier dans le secteur public, aujourd’hui ? La question est pertinente au regard des changements opérés depuis la transformation des politiques fiscales par la crise financière mondiale de la dernière décennie et la révolution du digital.

Pour pouvoir y répondre, Accenture a réalisé une enquête qualitative auprès de 187 responsables financiers du secteur public, y compris en France, afin d’étudier les moyens mis en œuvre par ces derniers pour faire face aux nouveaux défis et leurs accélérations. Bien qu’ils évoluent dans un environnement soumis à de fortes tensions budgétaires et au regard de l’opinion publique, les responsables financiers du secteur public sont tout aussi ambitieux que leurs homologues du secteur privé lorsqu’il s’agit de faire évoluer leurs propres rôles, et plus généralement ceux de la fonction finance et des modèles opérationnels.

Une majorité de responsables sont déterminés à tirer pleinement parti de la Donnée, à mener la transformation digitale et passer à l’échelle et développer les talents de la finance de demain. Ils manifestent un intérêt soutenu sur la mise en œuvre de « back office intelligent », afin de véhiculer davantage de valeur au front office, de limiter les tâches à faible intérêt, de concourir à l’esprit d’innovation.

Le « back office intelligent » est un levier qui ouvre de nouvelles perspectives de productivité en offrant un panel de solutions intégrées et favorise la prise de décision stratégique à travers l’emploi de la Donnée de manière nouvelle.

Les responsables sont conscients de l’ampleur des changements nécessaires pour atteindre cet objectif. Ils sont prêts à saisir les nombreuses opportunités qui s’offrent à eux pour produire de la valeur autrement, à la fois pour leurs propres activités, pour les organismes qu’ils conseillent et assistent, comme pour les citoyens et les entreprises auxquels ils apportent leurs services.

83 %

des Français interrogés estiment que la finance doit se montrer plus souple pour faire face au rythme et au volume des données.

74 %

des personnes interrogées dans le monde estiment que la finance doit se montrer plus souple pour faire face au rythme et au volume des données.

Redéfinir les finances du secteur public dans un monde numérique

Stratégie: la transformation sous le feu des projecteurs

Les stéréotypes sur les responsables financiers de la fonction publique ont parfois la vie dure et il n’est pas évident de changer d’image pour attirer les meilleurs talents. Et pourtant l’enquête montre à la fois que les responsables veulent faire bouger les lignes autant que leurs homologues privés et que 80% d’entre eux estiment qu’il n’a jamais été aussi intéressant d’occuper un poste de responsable financier sénior.

En dépit de cette tendance positive lourde, seuls 14% des responsables financiers du secteur public en France estiment que leur organisation évolue suffisamment pour identifier et cibler de nouveaux leviers de valeur en interne. Il est donc évident que des efforts importants restent à accomplir. Au fur et à mesure que ces responsables continuent de redéfinir la valeur qu’ils apportent à leurs organismes, il devient de plus en plus important de privilégier une approche stratégique. Ainsi, les responsables interrogés déclarent se concentrer sur un certain nombre de mesures d’ordre digital.

Source: Enquête d’Accenture sur les directeurs financiers du service public 2018



L’essor des données

Les responsables financiers du secteur public exploitent les données pour accroître leur influence globale et accompagner les transformations stratégiques de leur organisation. En dépit de circonstances pas toujours favorables, les outils de gestion de données gagnent en importance dans de nombreux organismes financiers du secteur public.

Plus de deux tiers de ces organismes (68%) portent leurs efforts sur la mise en œuvre de l’analyse des performances en temps réel, et près de la moitié ont adopté une approche davantage prédictive en ce qui concerne l’activité de reporting.

Il est important de poursuivre dans cette voie afin de renforcer les capacités d’analyse de données. Les organismes de gestion des finances publiques peuvent apporter des pistes de réflexion inédites en passant au « digital par défaut ».

Une partie de cette démarche consiste à mettre des données structurées et non structurées au service des écosystèmes internes et externes. Si l’émergence d’une telle transformation est considérée comme une réelle opportunité d’investissement pour ces organismes, les attentes initiales ne sont dépassées que pour une poignée d’entre eux. L’enjeu posé par l’évaluation des retombées peut être une des raisons de la déception alors suscitée. Au sein du secteur public, 26% des personnes interrogées éprouvent des difficultés à évaluer le retour sur investissement généré par les investissements digitaux.

En France plus particulièrement, l’analyse de données prédictive a donné le plus de résultats dans les domaines suivants:

Source : Enquête d’Accenture sur les directeurs financiers du service public 2018

Franchir le cap de l’automatisation

Les responsables financiers du secteur public ont la possibilité de transformer structurellement les services financiers à l’aide de solutions technologiques digitales nouvelles. Cela suppose de tirer parti de l’automatisation, de la robotisation et de sa capacité à digitaliser des composantes clés des processus. Les ressources libérées par l’automatisation des opérations de traitement courantes et des activités liées aux transactions financières peuvent ainsi se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée. Une réorientation stratégique de l’organisation est ainsi opérée tout en minimisant les investissements nécessaires.

Les responsables financiers du secteur public reconnaissent le potentiel de l’automatisation et bon nombre d’entre eux soutiennent d’ambitieux projets à cet égard. En France, les personnes interrogées estiment que 35% des tâches financières seront réalisées par la technologie d’ici trois ans seulement. Mais les obstacles pour y parvenir peuvent être difficiles à franchir. Outre les préoccupations relatives à la sécurité des données, la réticence des employés à travailler avec des « collègues » non humains constitue un enjeu de taille.

Cependant, les responsables financiers se doivent de maintenir le cap. Sensibiliser le personnel à la manière dont l’automatisation peut contribuer à rendre leur travail plus enrichissant est un bon moyen de faire évoluer les points de vue et les mentalités.

Les administrations européennes désirent accélérer l’automatisation et l’analyse de données. Il s’agit maintenant de l’encadrer. Des questions se posent sur l’investissement nécessaire et l’acceptation des changements par les employés.


De nouvelles compétences pour de nouveaux emplois

En France, les responsables financiers estiment que les collaborateurs les plus performants sont ceux qui établissent des stratégies à long terme et se posent les bonnes questions à partir de la Donnée. Ces responsables accordent néanmoins moins d’importance aux compétences digitales que leurs homologues du secteur privé, pour l’instant.

Ils reconnaissent que les collaborateurs qui évoluent dans la fonction financière d’aujourd’hui vont devoir se former aux nouvelles pratiques et sont conscients de la nécessité d’une montée en compétence de l’ensemble des acteurs. Les responsables estiment que la mise en place d’une organisation tournée vers l’avenir, capable de fournir des analyses à valeur nouvelle, commence par l’acquisition de compétences spécifiques. Faire preuve d’audace et de réactivité constituera l’un des enjeux majeurs de cette démarche comme le fait de restructurer les méthodes de travail pour piloter le changement.

L’enquête montre que les responsables financiers s’interrogent également sur la manière de développer les compétences dont ils ont besoin et envisagent souvent des approches encore plus radicales que leurs homologues du secteur privé. Ils doivent penser différemment et agir dans les limites imposées par les normes et processus de recrutement administratif. Les moyens pour y parvenir sont multiples: faire appel à des prestataires et des travailleurs indépendants, proposer des stages, développer les compétences des effectifs, puiser dans des réservoirs de talents plus vastes ou identifier et former les acteurs du changement au sein de l’organisation.

Redéfinir le directeur financier du secteur public

Les responsables financiers du secteur public entament une réorientation et adaptent leur rôle en exploitant les nouvelles technologies pour créer un back-office plus intelligent. Ils sont ainsi à même d’exercer une influence stratégique nouvelle pour favoriser un fonctionnement unifié de l’établissement par la technologie, la culture et les processus. De manière tout aussi importante, ils peuvent veiller à la bonne gestion des fonds publics par les organismes responsables, tout en générant la valeur capable de transformer le mode de vie et les méthodes de travail de tout un chacun.

Bernard Le Masson​

Global Managing Director – Health & Public Service, Management Consulting​


Dr. Gabriel Bellenger

Health & Public Service Consulting Lead – Europe

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