RAPPORT DE RECHERCHE

En bref

En bref

  • Maximiser le potentiel de l’IA exige un effort de tout l’écosystème des GovTech : organisations publiques, start-ups, entreprises, société civile.
  • D’ici à 2035, l’IA pourrait générer pas moins de 939 milliards de dollars pour le secteur public parmi 16 grandes puissances économiques.
  • En Europe, 86 % des décideurs publics sondés souhaitent accroître ou accroître significativement les dépenses allouées à l’IA dans l’année à venir.
  • Les acteurs des GovTech assurent la bonne utilisation de l’IA avec des garanties pour atténuer le risque et des structures de gestion officielle.


Optimiser l’IA dans le secteur public

L’IA1 permet au secteur public de mieux servir ses administrés. À Singapour, des technologies reposant sur l’IA analysent le dark web afin d’identifier les comportements susceptibles de renseigner les autorités sur le marché de la vente illégale de stupéfiants. Elles permettent également le développement de « jumeaux numériques » (répliques virtuelles d’espaces physiques) capables de simuler des situations d’urgence.2 Dans d’autres villes et régions du monde, des scénarios similaires existent déjà : l’IA sert à signaler aux éboueurs que les poubelles sont pleines, à anticiper les réparations d’infrastructures, à améliorer l’efficacité énergétique grâce à des thermomètres intelligents et à faire fonctionner des systèmes de sécurité militaires sophistiqués utilisant des drones. Et l’IA n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Investir dans l’innovation

Les organisations publiques prêtes à saisir cette chance augmentent leur budget alloué à l’IA. Selon une enquête réalisée par Accenture en 2019 auprès de 300 leaders du secteur public en Europe, 86 % d’entre eux affirment vouloir accroître ou accroître significativement les dépenses allouées à l’intelligence artificielle dans l’année à venir.3 Ils sont aussi extrêmement optimistes, puisque 90 % des sondés s’attendent à un retour « modéré voire élevé » sur leurs investissements.4 Selon IDC, spécialiste des études de marché, les administrations centrales/fédérales devraient être le deuxième secteur à dépenser le plus dans l’intelligence artificielle d’ici à 2023 (33,6 %).5 D’ici 2035, l’IA pourrait générer pas moins de 939 milliards de dollars pour le secteur public parmi 16 grandes puissances économiques.6

Les études menées par Accenture concernant l’adoption de l’IA en Europe montrent également que, si la zone investit effectivement dans l’IA, les services publics européens ne financent pourtant qu’entre 5 à 10 cas d’usage et peinent à développer l’IA à grande échelle. Découvrez comment les services publics pourraient investir plus efficacement dans l’IA ci-dessous.

L’approche « écosystème »

Les GovTech forment un écosystème dont chaque participant —organisations publiques, start-ups, moyennes et grandes entreprises capables d’opérer un changement d’échelle, ainsi que la société civile — peut multiplier les initiatives afin de contribuer à l’effort global. Notamment :

Les organisations publiques

Les organisations du secteur public peuvent recourir à l’IA pour faciliter l’innovation dans les services — et ainsi générer une plus forte demande d’IA — en rendant le marché des GovTech plus attractif pour les start-ups. Elles peuvent, par exemple, optimiser le processus de passation des contrats en simplifiant les règles encadrant l’approvisionnement et en réduisant les délais d’attribution.7 Elles peuvent également encourager le dialogue public et des améliorations autour de l’approvisionnement et de l’innovation. La collaboration inter-organisationnelle a tout intérêt à être renforcée.

Les organisations publiques vont devoir proposer des formations et des solutions de reconversion professionnelle épousant le rythme des changements d’une société où l’humain et la machine sont de plus en plus souvent amenés à travailler ensemble, et renforcer l’accès à l’emploi. Elles ont également intérêt à formellement encadrer l’intelligence artificielle afin de sauvegarder la protection sociale et de gérer les imprévus.

L’IA a tout le potentiel pour induire des changements positifs. Mais pour développer des solutions innovantes les GovTech doivent unir leurs forces.

Les start-ups

Les start-ups vont devoir s’imposer en montrant qu’elles peuvent être des sources d’innovations et de nouvelles idées pouvant profiter à tous les membres de l’écosystème. À l’échelle mondiale, c’est aux États-Unis qu’a été signée la majorité des contrats pour le développement des GovTech ces cinq dernières années (67 % de l’ensemble des contrats mondiaux). En Europe, le Royaume-Uni, la France et la Suède semblent être des marchés prometteurs : ces pays ont respectivement signé 42, 11 et 8 % des contrats liés aux GovTech en Europe.8

L’enquête réalisée par Accenture auprès des leaders du secteur public en Europe montre qu’il est possible de capter la demande latente de produits GovTech faisant appel à l’IA et capables d’améliorer l’expérience client, de lutter contre la fraude et d’améliorer la gestion des risques. Les start-ups spécialisées dans l’IA peuvent aussi alerter en amont le reste de l’écosystème en cas de problème (d’éventuels problèmes de biais, par exemple). Ce type de collaboration, consistant à travailler avec les organisations publiques et la société civile dans des environnements « sandbox » ou des laboratoires vivants afin d’identifier et de résoudre les problèmes dès leur apparition, et avant qu’ils ne donnent lieu à des crises majeures, constitue une forme de business intelligent.

Les moyennes et grandes entreprises

Pour stimuler le marché, on peut bien sûr inciter les entreprises d’envergure consacrant un important budget à la recherche et au développement à innover en investissant dans les GovTech. Cependant, les moyennes et grandes entreprises ont un autre rôle important à jouer en devenant les leaders et les intégrateurs d’une innovation responsable. Pour ce faire, elles peuvent notamment se doter d’une réglementation adaptée, aussi bien sur le plan formel qu’informel.

Les moyennes et grandes entreprises, tous secteurs confondus, disposent d’une bonne vue d’ensemble de leurs différentes fonctions. Celle-ci est particulièrement utile pour soutenir les GovTech puisque ces entreprises peuvent mettre en œuvre des solutions à grande échelle incorporant une surveillance avancée ainsi que des données sécuritaires. Une innovation responsable ne passe pas seulement par une anticipation ni une identification des risques. Elle suppose également de comprendre et de planifier le moment où ces risques deviendront plus élevés.

La société civile

L’histoire montre que les organisations publiques et les entreprises peuvent bénéficier du concours d’individus, d’organisations caritatives, d’universités et d’autres institutions à but non lucratif dont l’objectif est de venir en aide au public, par exemple aux personnes défavorisées.

Dans cet esprit, les universitaires peuvent élargir leur champ d’action en effectuant un travail de décodage des algorithmes des entreprises, de détection des biais dangereux et de vulgarisation de l’IA. Les journalistes peuvent choisir d’étudier le marché de manière plus approfondie à mesure qu’il se développe, dans l’optique de dénoncer les abus et de sensibiliser le public aux effets négatifs involontaires de l’IA dans le secteur. Les organisations communautaires peuvent davantage se familiariser avec cette technologie, voire exercer, si nécessaire, des pressions sur les politiques afin d’améliorer les réglementations et d’épingler les entreprises qui commettent des abus.

Vers une IA responsable

L’IA va transformer l’avenir des organisations publiques. Chaque acteur au sein de l’écosystème des GovTech doit prendre sa part, et l’Europe a un rôle essentiel à jouer grâce aux initiatives de la Commission européenne en cours visant à décomplexifier l’IA.

En adoptant des mesures en ce sens, les parties prenantes à l’écosystème des GovTech peuvent travailler ensemble à l’élaboration d’un avenir reposant sur des technologies responsables et prospères.

1 Accenture considère l’IA comme une constellation de différentes technologies — de l’apprentissage automatique au traitement automatique du langage naturel — pouvant être associées afin de permettre aux ordinateurs de « penser, apprendre et agir ».

2 Site web du gouvernement singapourien ; Virtual Singapore

3 Accenture Survey of AI Adoption in European Public Services.

4 Ibid. Le retour est défini comme « le volume de bénéfices monétaires ou d’améliorations de la qualité ».

5 Worldwide Spending on Artificial Intelligence Systems Will Be Nearly $98 Billion in 2023, According to New IDC Spending Guide (IDC, September 2019)

6 Artificial Intelligence, Genuine Impact, (Accenture 2018)

7 GovTech: Europe’s Next Opportunity, (Accenture & PUBLIC 2018)

8 Analyse Accenture fondée sur des données CB.

Bernard Le Masson​

Global Managing Director – Health & Public Service, Management Consulting​


Carl Ward

GROUP TECHNOLOGY OFFICER – HEALTH AND PUBLIC SERVICE


Dr. Gabriel Bellenger

Health & Public Service Consulting Lead – Europe

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Transformer le service public grâce à l’IA

Comment les membres de l’écosystème peuvent élaborer ensemble des solutions innovantes et responsables reposant sur l’IA.

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