ETUDE

En bref

En bref

  • Le secteur bancaire évolue : une nouvelle vague d’acteurs digitaux qui fragmentent le marché, segmentent les produits et remettent en question les modèles économiques historiques.
  • Une nouvelle étude analyse les modèles économiques des acteurs traditionnels et 100 % digitaux, pour déterminer comment la fragmentation de la chaîne de valeur remodèle le secteur.
  • Les acteurs exclusivement digitaux qui utilisent des modèles adaptatifs ont bénéficié d’une croissance  plus forte que les acteurs qui opèrent selon les modèles traditionnels.
  • Les banques historiques peuvent catalyser leur croissance parallèlement à leur cœur de métier actuel, en exploitant une gamme de nouveaux modèles.


Un modèle historique chamboulé

L’heure de la révolution digitale a sonné pour l’un des plus anciens piliers du secteur bancaire.

Pendant des années, les modèles économiques du secteur ont semblé inébranlables, solides comme un roc. Généralement, une banque s’appropriait chaque couche de la chaîne de valeur et créait, conditionnait et distribuait ses propres produits, quelle que soit la typologie de la banque en question : titan mondial centenaire ou néobanque proposant une alternative digitale aux offres traditionnelles. Les modèles étaient monolithiques , linéaires et verticalement intégrés.

Mais la récente nouvelle vague d’acteurs 100 % digitaux s’est libérée de l’intégration verticale ; ces acteurs sont en train de fragmenter la chaîne de valeur bancaire en sélectionnant les couches dans lesquelles ils souhaitent s’investir. Ils procèdent également à la dissociation des produits traditionnels pour en faire des microproduits ou des services, puis re-confectionnent leurs propres offres groupées en y incluant des modules d’autres fournisseurs pour proposer des solutions client optimisées.

De nombreux acteurs 100 % digitaux utilisent ce business model non-linéaire et adaptatif pour attaquer les banques bien établies là où elles sont le plus exposées . Chaque challenger use de sa propre stratégie, mais tous ont en commun cette capacité à modeler des produits et des offres innovants en un tournemain et ce à grande échelle, en affichant des coûts d’acquisition de nouveaux clients plus faibles.

Le résultat sur la plupart des marchés ? Un exode constant des revenus bancaires et issus des transactions, depuis les banques historiques au profit des nouveaux acteurs.

Faire progresser la non-linéarité crée de la valeur, selon notre rapport

Notre rapport sur l’avenir du secteur bancaire analyse les modèles économiques des principales banques historiques et des acteurs 100 % digitaux afin de déterminer comment la fragmentation de la chaîne de valeur et la segmentation des produits remodèlent le marché de la banque de demain.

Nous avons constaté que les acteurs exclusivement digitaux qui utilisent des modèles économiques non-linéaires dégagent une meilleure performance que leurs homologues qui se contentent d’imiter dans le monde digital les modèles verticalement intégrés. Ils ont également la capacité d’adapter plus facilement la segmentation des produits et la fragmentation de la chaîne de valeur, pour des réactions rapides face aux disruptions futures du marché.

La croissance annuelle composée moyenne des revenus des banques et des acteurs concurrents de notre étude qui utilisent des modèles économiques différents (entre 2018 et 2020):

76%

acteurs 100 % digitaux utilisant des modèles non-linéaires.

44%

acteurs 100 % digitaux s’inspirant de modèles verticalement intégrés traditionnels.

<2%

banques traditionnelles exploitant des modèles verticalement intégrés.

Les performances de ces challengers, exclusivement digitaux et non-linéaires, constituent une source d’inspiration pour les banques traditionnelles qui recherchent un rebond de croissance et une valorisation renforcée. La grande question est : par où commencer?

Élaborer un kaléidoscope  de modèles économiques

À juste titre, les grandes banques y réfléchissent à deux fois lorsqu’il s’agit d’exclure les modèles économiques verticalement intégrés : encore aujourd’hui, ceux-ci constituent le moteur de leur rentabilité. La bonne nouvelle, c’est que l’adoption de modèles économiques non-linéaires n’est pas une proposition du type « tout ou rien ».

La clé du succès dans cet environnement flexible et fluide ne consiste pas à simplement passer du modèle économique d’hier à un nouveau modèle. Il s’agit plutôt de passer d’un modèle économique unique, verticalement intégré, à de multiples modèles et rôles non-linéaires au sein de la chaîne de valeur.

S’approprier la chaîne de valeur de bout en bout et vendre uniquement ses propres produits ne sont désormais plus des gages de succès. La conception et la création de valeur, que ce soit pour le client final ou pour l’acteur suivant au sein de la chaîne de valeur, offrent de nouvelles façons de se démarquer et de se développer. Ceci implique de faire preuve de vision et de flexibilité pour ré-imaginer et confectionner un « paquetage promotionnel » de propositions convaincantes qui ciblent réellement les besoins et les intentions des clients.

Pour se poser en architectes de la valeur, les banques devraient envisager de jouer un éventail de rôles dans la chaîne de valeur. Selon sa taille, son marché et sa force, une banque traditionnelle peut adopter une quelconque combinaison des approches suivantes, pour accroître la flexibilité de son modèle économique et se démarquer ainsi de la concurrence.

Vendre ses propres produits

Contrôler toutes les couches de la chaîne de valeur, de la fabrication à la distribution, dans un modèle traditionnel d’intégration verticale

Construire un écosystème axé sur la distribution

Distribuer des produits financiers de toutes sortes provenant d’autres entreprises, voire même des produits non bancaires.

Vendre la capacité bancaire « as a Service »

Réussir des déploiements à grande échelle par la production de technologies ou de processus métier invisibles pour les clients finaux.

De nouvelles propositions avec des offres groupées

Proposer des offres groupées de produits/microproduits en vue de leur distribution par le biais d’autres entreprises ou en digital.

Voir toutes les offres

Dans les grandes banques de demain, le modèle traditionnel d’intégration verticale coexistera avec une palette de modèles non-linéaires configurables à l’infini. Cela permettra à ces banques à la fois de défendre leurs activités existantes et de saisir de nouvelles opportunités. En se libérant de la chaîne de valeur traditionnelle, elles pourront se développer et être présentes à grande échelle sur de nouveaux marchés tout en réduisant le coût de leur croissance.

Vous trouverez plus de détails sur l’avenir des modèles économiques bancaires dans notre étude.

En repensant leurs modèles économiques et en adoptant les stratégies innovantes des nouveaux acteurs exclusivement digitaux qui se sont emparés des services bancaires et financiers en ligne, les banques pourraient booster leurs revenus de près de 4 % chaque année.

Michael Abbott

Senior Managing Director – Global Banking Lead


Alan McIntyre

Senior Industry Director – Banking


Dilnisin Bayel

Managing Director – Strategy & Consulting, Credit Lead, Europe

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