ÉTUDE
Céder pour grandir
Créer de la valeur grâce aux désinvestissements
5 TEMPS DE LECTURE
13 juin 2023
ÉTUDE
Créer de la valeur grâce aux désinvestissements
5 TEMPS DE LECTURE
13 juin 2023
Les conditions macroéconomiques, les tensions géopolitiques, la hausse des taux d'intérêt, la baisse des valorisations, ou encore l'activisme des investisseurs ont conduit au rééquilibrage des portefeuilles des entreprises. Dans ce contexte, les dirigeants ont dû revoir la composition et la diversification de leur portefeuille de manière accélérée, provocative, et portée sur la valeur.
Dans ces circonstances, les fusions-acquisitions stimulent la croissance, néanmoins les désinvestissements sont rarement utilisés à cette fin.
Les désinvestissements sont un moteur de croissance et de réinvention, et les tendances indiquent que leur heure est venue. Les dirigeants sont-ils prêts ?
La convergence des forces augmente la volatilité : l'Indicateur mondial de disruption d'Accenture montre que les niveaux de disruption ont augmenté de 200 % entre 2017 et 2022. Les changements structurels constants dans la manière dont les entreprises fonctionnent sont désormais la norme. Une analyse récente d'Accenture révèle que 75 % des dirigeants sont optimistes concernant l’accélération du rythme de la réinvention de leur entreprise pour 2023, et ce même en cas d’une éventuelle récession dans l'année.
Les fusions-acquisitions sont depuis longtemps considérées comme un levier de croissance inorganique et, récemment, elles sont devenues un élément essentiel dans les stratégies de réinvention. Sur les 11 domaines fonctionnels évalués, la stratégie et les fusions-acquisitions ont été identifiées par les dirigeants comme faisant partie des 3 principaux domaines en cours de réinvention.
Les dirigeants peuvent rédéfinir le rôle des désinvestissements comme un élément essentiel de leur stratégie de réinvention et de croissance. Historiquement, les désinvestissements ont été utilisés pour éliminer les secteurs sous-performants d'une entreprise. Toutefois, ils peuvent désormais être utilisés pour monétiser des actifs et explorer de nouvelles possibilités de placement.
Aujourd'hui, les équipes dirigeantes préférent se concentrer sur les synergies naturelles au sein de leur portolio en détriment des actifs non essentiels ou les unités commerciales qui n'apportent pas de valeur. Le fait de céder ces élements permet de libérer du capital pour des initiatives stratégiques, et de se focaliser sur la gestion des indicateurs clés de performance. Si les cessions n'ont pas été largement utilisées comme moteur de croissance auparavant, un changement se dessine, et les chefs d'entreprise commencent à s'interroger sur la valeur de l'ensemble de leurs portefeuilles.
Les principaux désinvestisseurs sont conscients de l'importance de céder pour grandir : entre 2016 et 2020, les entreprises qui se sont séparées d'une partie de leurs activités ont obtenu un TSR (Total Shareholder Return ou taux de rentabilité par actionnaire) moyen sur 2 ans supérieur à celui du S&P 500, un taux trois fois plus élevé que les entreprises qui n'ont procédé qu'à des acquisitions au cours de cette période.
L'analyse d'Accenture sur les désinvestissements entre 2016 et 2020 a révélé que les entreprises qui suivent un plan de désinvestissement pertinent sont gagnantes. La plupart (77 %) des plus de 1 300 opérations de cession analysées entre 2016 et 2020 concernaient des entreprises qui n'avaient conclu qu'une seule affaire au cours de cette période, avec un rendement moyen de près de 20 %. À l'opposé, les entreprises qui ont conclu plus de 5 opérations au cours de cette période ont enregistré des rendements moyens de 1 %.
Les 21 % de transactions restantes, réalisées par des entreprises ayant conclu entre 2 et 4 opérations pendant la même période, ont enregistré des rendements moyens de 25,1 %.
En ce qui concerne la taille des transactions, les entreprises qui ont cédé entre 500 millions et 1 milliard d'USD - soit 17 % du total des transactions effectuées au cours de la période - ont obtenu des TSR beaucoup plus élevés que les transactions plus petites ou plus grandes.
Un désinvestissement ou une cession n'est pas une fusion à l'inverse. Dans une fusion, 80 % du travail est effectué après la clôture de l'accord, alors que dans les désinvestissements les équipes juridiques, comptables et les banquiers se consacrent, en grande partie, à l'opération en elle-même. Cette attention disproportionnée se fait au détriment de l'endroit où l'énergie devrait être déployée et là où réside la valeur insintrèque des cessions : le flux opérationnel.
Même s'il est important de gérer la transaction, la valeur globale de l'accord - et le TSR - est maximisée par une compartimentalisation réussie des opérations. Cela signifie qu'il faut activer certains léviers pour réussir et parvenir à une séparation correcte et à un lancement sans incidents pour la nouvelle entité et ce qui reste de l'entreprise mère. Sans ces facteurs de réussite, tout peut se dégrader. Une cession ratée, retardée ou inefficace peut provoquer un effet domino qui finira par répercutir sur le TSR.
Les services partagés sont un élément clé dans les cessions. Un partenariat avec un fournisseur de services de bout en bout permet de rationaliser et d'ajouter de la valeur en atténuant des difficultés telles que les TSA (Transitional Services Agreements ou contrats de services transitoires).
Les séparations présentent plus d'ambiguïté que les fusions en raison de la diversité des résultats possibles. Pour les salariés en particulier, elles peuvent susciter des inquiétudes et affecter le moral. Il est donc essentiel de disposer d'une stratégie de gestion du changement claire et transparente vis-à-vis de toute partie concernée, notamment les employés et clients affectés.
Les désinvestissements permettent de faire progresser la technologie, d'évaluer les migrations vers des systèmes plus importants, de renforcer la transformation de l'entreprise et de générer de la valeur pour les actionnaires. Une séparation rapide est une séparation réussie et génératrice de valeur, c'est pourquoi les cédeurs feront en sorte de remettre leur système informatique en ordre, et notamment les aspects concernant la rapidité et la sécurité, avant que la séparation soit effective.
Un désinvestissement est aussi une opportunité de repenser une marque. Il est essentiel d'assurer le succès du repositionnement de la nouvelle marque pour ne pas provoquer un désengagement des parties impliqués. Une stratégie de marque solide et réussie de bout en bout jettera les bases d'une croissance à long terme.
Les désinvestissements ne sont pas simplement des tactiques pour se défaire des parties sous-performantes de l'entreprise, mais ils peuvent être des leviers de croissance. Pour cela, il y a trois impératives à respecter :
A divestiture is when a company sells, spins off, or carves out part of its portfolio to rebalance a portfolio, to cut out under-performing or non-core parts of its business, or increase the value of the parent company.
The two main methods of divesting are through private and public sales. Private sales comprise the sale of assets or whole business units to a trade buyer and/or financial investors. Public sales include: IPOs, spin-offs, and split-ups.
Portfolio rebalancing—inclusive of divestitures and M&A—is part of an intentional business strategy to generate value for either the RemainCo, NewCo or both. Divestitures done well have the potential to generate as much or more value than M&A deals.
The focus of divestiture deals needs to extend beyond the transaction stream and get the operational elements right or risk poor execution that results in costly TSAs, talent attrition and decline in employee morale, and loss of stakeholder confidence.