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MES (Manufacturing Execution System) : la messe n’est pas encore dite

Présentation

L’industrie aime la structure. C’est un fait, historique et culturel. À l’heure de l’Internet des objets, « structure » ne saurait signifier « rigidité ». Jusqu’à présent, les systèmes de production se commandaient selon un circuit descendant, du progiciel de gestion intégrée (ERP) vers les systèmes de production (MES et machines).

Aujourd’hui, un processus industriel peut être déclenché depuis un simple téléphone ou un site web. De célèbres fabricants de motos et de voitures électriques dessinent les contours de cette nouvelle industrie manufacturière, qui conjugue le meilleur de la structuration et de la personnalisation.

Est-ce à dire que les MES sont pour autant condamnés ? Bien au contraire. Plus les machines produiront de données, plus celles-ci constitueront un gisement d’informations pour les systèmes de production. Bien pensée et sécurisée, cette structure « ouverte » donnera naissance à des « nuages » de services, allant de la conception sur mesure à la livraison express, en passant par la maintenance prédictive.

La technologie en avance sur la pensée

Marier ces nouveaux services MES avec une approche « industrie 4.0 » implique que les industriels « assouplissent » leur outil de production, mais aussi leur cadre de pensée et leur organisation. Car les clients ont un besoin grandissant de produits personnalisés, durables, ajustables, recyclables, accompagnés de services sur mesure tout au long du cycle de vie.

Un groupe industriel français est ainsi en train de repenser son modèle d’usine pour les marchés émergents. Quand la demande correspondra à l’offre ou la dépassera, l’usine se développera. Quand l’inverse se produira, l’usine se « contractera », au point, si besoin, d’être rapidement désassemblée.

Externalisé et accessible par Internet, le système d’information (ERP et MES) représentera une dépense de fonctionnement et non plus d’investissement car il devient une variable d’ajustement, et ce d’autant plus que les offres d’éditeurs sont aptes à traiter dans le Cloud une multitude de données en jeu, pour un coût unitaire marginal.

Service compris

Allons plus loin dans les possibilités offertes par cette collision bénéfique entre services MES et industrie 4.0. Il est aberrant aujourd’hui de devoir remplacer un équipement au prétexte qu’une pièce, défaillante, soit vendue à un prix excessif. Les MES et ERP du futur devront être en mesure, via l’Internet des objets et l’analytique, d’anticiper les pannes, de détecter celles en cours, de proposer au client un remplacement standard à bas prix, de déclencher l’impression 3D de la pièce défectueuse dans l’usine la plus proche, de la livrer en express, par drone ou coursier.

Des fabricants de prothèses médicales fonctionnent déjà selon cette logique. Il serait judicieux que les industries manufacturières s’en inspirent, en créant des tours de contrôle et cockpits de données qui facilitent le pilotage de la chaîne de production : approvisionnements, planification, parc de machines, expéditions aux clients.

Tout en restant dédiés à la production, les MES verront alors s’étendre leur rayon d’action et leur valeur ajoutée. Ils deviendront un maillon essentiel de l’Internet des objets. Il ne tient qu’à nous, industriels, éditeurs et intégrateurs, de transformer cette promesse en réalité.



A propos de l'auteur :

Philippe Pruvost
Directeur de programmes, industries manufacturières et transformation numérique, Accenture France & Benelux

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