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Selon une étude Accenture, la demande future de services publics pourrait coûter à la France près de 75 milliards d’euros supplémentaires par an à partir de 2025

La France devra trouver près de 75 milliards d’euro en plus par an à partir de 2025 pour répondre à la demande future en services publics.

Présentation

Paris, le 23 octobre 2012 – Selon une récente étude d’Accenture, le coût des services publics1, en raison notamment du vieillissement de la population, pourrait coûter à l’Etat français près de 75 milliards d’euros supplémentaires par an (3,3 % du PIB) à compter de 2025.

Pour les besoins de ce rapport, Accenture a demandé à Oxford Economics d’évaluer le coût global des services publics2 d’ici 2025 dans 10 pays – Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Royaume-Uni et Singapour.

Oxford Economics a analysé l’impact des changements démographiques et économiques à venir sur le coût de l’ensemble des services publics, en prenant en compte à la fois les coûts de l’administration centrale, des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale (hors remboursement des intérêts de la dette et dépenses sociales liées à la conjoncture). En partant de ces hypothèses, le coût total des services publics en France, à partir de 2025, a ainsi été évalué à 966 milliards d’euros, soit 40% du PIB, sous réserve que les services publics ne soient pas transformés.

Vieillissement de la population

Le vieillissement de la population française constitue le principal facteur de hausse de la dépense publique. Sur les 10 pays étudiés, la France est le quatrième pays dont la population vieillit le plus rapidement. En 2011, 16,8% de la population française était âgée de plus de 65 ans, ils devraient être 21,7% d’ici 2025. En outre, alors que l’on comptait en moyenne cinq actifs pour un retraité dans les années 50, ce ratio passera à deux pour un seulement à l’horizon 20503. Quant aux dépenses liées au financement du régime de retraite obligatoire, qui constitue 85,4 % du revenu des retraités4, elles vont augmenter de façon significative.

L’étude s’intéresse également aux effets de richesse5. Les hypothèses, corroborées par des données historiques, suggèrent en effet que lorsqu’un pays crée de la richesse, ses dépenses de services publics par habitant tendent à augmenter à un rythme plus élevé en proportion.

Surcroît de dépenses potentiel

Le surplus de dépenses potentiel qui se profile nécessite plus que jamais une transformation du secteur public.

Les projections de dépenses construites en fonction de l’évolution de la demande ont été comparées à l’orientation actuelle des dépenses de services publics afin d’identifier, dans chacun des pays étudiés, le surcroît de dépenses potentiel engendré d’ici 2025 et sa traduction en pourcentage du PIB. Elles intègrent l’hypothèse selon laquelle les services publics ne seraient pas changés structurellement ou dans les dispositifs réglementaires au bénéfice des usagers.

Les chiffres ont été conservés en dollars afin de permettre une comparaison entre les pays étudiés :

Projections de dépenses

* Conversion dollars - euros (taux de change 2010)

France :

  • Surcroît de dépenses annuel à partir de 2025 = 75 milliards d’euros (estimation Oxford Economics pour Accenture)

  • Coût total des services publics à partir de 2025 (déduction faite des intérêts de la dette et des dépenses sociales liées à la conjoncture) = 966 milliards d’euros (estimation Oxford Economics pour Accenture)

Selon la projection d’Oxford Economics, les services publics français - dans l’hypothèse où ils ne seraient pas transformés- coûteront près de 75 milliards d’euros supplémentaires par an à compter de 2025 :

Surcroît de dépenses de services publics en France d'ici 2015

Les projections d’Oxford Economics reflètent les dépenses publiques et la croissance économique, en prenant en compte les dispositions fiscale et réglementaires existantes.

Satisfaction du citoyen

Accenture a parallèlement interrogé des citoyens pour connaître leur satisfaction à l’égard des services publics. Menée par l’institut Ipsos-MORI auprès de 5 000 individus dans les dix pays cités précédemment, l’enquête révèle que plus de neuf citoyens interrogés sur dix en France (94%) ne considèrent pas comme une priorité le maintien de l’organisation existante. Tout en étant très attachés aux services publics, ils sont toutefois disposés à voir ces services publics évoluer : ils en attendent en particulier une plus grande efficience dans la lutte contre le chômage et la précarité, mais aussi dans la gestion des impôts. Ils attendent également une approche multicanale de la dispense de service public, près des trois quarts des citoyens interrogés en France (71%) souhaitent en effet que davantage de services publics soient fournis par des canaux numériques.

L’étude indique par ailleurs que la confiance des citoyens français est partagée quant à la capacité des fonctionnaires à relever les défis à venir : 36% des Français interrogés pensent en effet que les fonctionnaires sont suffisamment équipés et compétents pour faire face à l’avenir, 37% expriment une opinion contraire.

Quoi qu’il en soit, il existe un consensus chez les citoyens : les fonctionnaires sont au cœur de la réussite de la réforme de l’État. Le renforcement de leur mobilisation et de leurs compétences devrait donc constituer la priorité du gouvernement dans une perspective d’amélioration des services publics.

« Cette étude fait ressortir un décalage croissant entre la capacité du pays et la demande des citoyens et témoignent de la nécessité de transformer dès maintenant les services publics », déclare Bernard le Masson, responsable mondial de l’activité conseil d’Accenture pour le secteur public. « Si la France repense l’organisation de ses services publics et génère un demi-pourcent d’efficience par an, le pays sera en mesure d’améliorer la qualité de service public rendu et de répondre aux demandes croissantes des citoyens, tout en tendant vers l’équilibre budgétaire. »

Négocier les virages structurels

Ce rapport fait partie d’une série d’études menées par Accenture afin d’analyser les principales difficultés et tendances appelées à influer sur l’offre future de services publics. Le rapport Accenture présente par ailleurs des exemples tirés de différents pays, ainsi que des conseils pratiques aux gouvernements pour transformer les services publics de manière à améliorer la qualité de service, répondre aux attentes des citoyens, tout en tendant vers l’équilibre budgétaire. Quatre orientations structurelles sont présentées :

  • Vers des services publics personnalisés : adapter les services publics pour qu’ils puissent répondre à la demande de personnalisation des usagers et aux différences territoriales, tout en satisfaisant l’exigence d’un service public pour tous. Cette transition vers des services publics personnalisés nécessite une analyse des besoins des différents groupes de citoyens, à chaque étape de leur vie. La décentralisation des services publics vers les instances régionales et locales constitue un facteur de proximité et de personnalisation, notamment dans le secteur de la santé.

  • D’une attitude réactive à une approche proactive : s’appuyer sur la puissance des nouveaux outils numériques d’analyse de données, des nouvelles technologies et des nouveaux modèles collaboratifs pour améliorer la prise de décisions et anticiper les problèmes.

  • De la gestion publique à l’entrepreneuriat public : diversifier et trouver l’organisation la plus pertinente pour accroître la qualité de tous les services publics, par exemple le recours aux partenariats public-privé, à l’entreprenariat social, aux opérateurs publics…etc.

  • Vers l’efficience globale des services publics : redéfinir la mission de service public et mettre en œuvre les réformes structurelles qui permettront de bâtir le service public du 21ème siècle. Partir des besoins de l’usager pour simplifier les processus débouche non seulement sur le bon fonctionnement d’un service public, mais améliore également la satisfaction des agents et l’efficience des services.

Le numérique, dans une approche multicanale, en proposant à l’usager le service dont il a besoin, au moment et à l’endroit de son choix, sera une des clés de voute de ces réformes structurelles.

Pour en savoir plus sur le travail d’Accenture concernant les services publics de demain, cliquez ici.

Méthodologie

Le modèle développé avec Oxford Economics prend en compte les impacts à long terme des changements économiques et démographiques sur la demande future de services publics dans 10 pays : Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Royaume-Uni et Singapour. Le modèle a permis de réaliser une estimation des dépenses de services publics en fonction de l’évolution de la demande des usagers, à partir des projections démographiques des Nations unies, de la hausse prévue des prix des biens et des services de santé et de l’influence de l’enrichissement d’une nation sur ses dépenses publiques.

Les dépenses de services publics désignent l’ensemble des dépenses publiques, de l’administration centrale, des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale, après déduction des intérêts de la dette et des dépenses sociales liées à la conjoncture. Elles correspondent aux montants disponibles pour le financement des services publics tels que définis par la classification des fonctions des administrations publiques (CFAP), mise au point (sous sa forme actuelle) en 1999 par l’ Organisation de coopération et de développement économiques et publiée par la division statistique des Nations unies.

Le surcroît de dépenses potentiel est calculé en comparant les projections élaborées en fonction de l’évolution de la demande à l’orientation actuelle des dépenses de services publics. Cette orientation actuelle est extrapolée à partir des modèles de dépenses publiques existants dans le cadre des mesures existantes, ainsi que d'une estimation du rythme d’évolution durable des dépenses publiques en fonction des prévisions de croissance de la population, du PIB, de l’emploi et des revenus. Cette orientation suppose également que les gouvernements s’attèleront à réduire leur déficit budgétaire à un niveau plus tenable sur le long terme permettant de stabiliser la dette par rapport au PIB d’ici 2025.

Dans le cadre de son enquête Global @dvisor, l’institut international d’étude de marché Ipsos-MORI a mené en février 2012 une enquête auprès de 5 000 personnes dans dix pays.

A propos d’Accenture

Accenture est une entreprise internationale de conseil en management, technologies et externalisation. Combinant son expérience, son expertise et ses capacités de recherche et d’innovation développées et mises en œuvre auprès des plus grandes organisations du monde sur l’ensemble des métiers et secteurs d’activités, Accenture aide ses clients - entreprises et administrations - à renforcer leur performance. Avec 257 000 employés intervenant dans plus de 120 pays, Accenture a généré un chiffre d'affaires de 27,9 milliards de dollars au cours de l’année fiscale clôturée le 31 août 2012.
Site Internet : www.accenture.com/fr

1 http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php/Glossary:Classification_of_the_functions_of_government_(COFOG)
2 Les dépenses de services publics désignent, dans le présent document, l’ensemble des dépenses publiques, hors remboursement des intérêts de la dette et dépenses sociales liées à la conjoncture
3 http://www.oecd.org/els/pensionsystems/pensionsinfranceandabroad7keyindicators.htm
4 http://www.oecd.org/els/pensionsystems/pensionsinfranceandabroad7keyindicators.htm
5 L’effet de richesse est modélisé à partir des projections de croissance du PIB par habitant et de l’impact sur les dépenses