Des investissements dans l’apprentissage expérientiel, la formation individualisée et l’accompagnement des travailleurs les plus exposés sont nécessaires pour réduire le déficit de compétences

Paris, 21 septembre 2018 – La promesse économique des technologies numériques est menacée par des systèmes d’éducation et de formation en entreprise inappropriés, selon une étude menée par Accenture (NYSE : ACN). Si des approches pédagogiques radicalement nouvelles ne sont pas adoptées, l’incapacité à réduire le déficit de compétences dans 14 des pays du G20 pourrait réduire la croissance du PIB générée par les technologies intelligentes à hauteur de 11 500 milliards de dollars, au cours des dix prochaines années. L’impact sur le PIB français serait quant à lui de 155 milliards d’euros.

Cumulative GDP growth at risk 2018-2028

Note: *Scenario assumes investments in intelligent technologies per worker in each country reach current US investment levels in traditional technologies per worker.

La croissance sera compromise si les économies ne parviennent pas à satisfaire la demande sur les nouvelles compétences.

Le rapport, intitulé It’s Learning. Just Not As We Know It et publié en collaboration avec l’Alliance des jeunes entrepreneurs des pays du G20 (G20 YEA), inclut notamment une analyse inédite qui aidera les organisations à évaluer leurs besoins futurs en matière de recrutement, et à mieux planifier leurs stratégies de gestion des compétences. Il montre comment les technologies intelligentes vont transformer la nature même des tâches réalisées au travail, et identifie les nouvelles compétences qui seront nécessaires pour les exécuter. Le rapport appelle les systèmes d’éducation des pays mais aussi la formation professionnelle des entreprises à s’engager résolument sur trois grands volets d’action pour développer plus efficacement ces nouvelles compétences.

Menée dans 14 pays, l’étude montre qu’en France 51 % du temps de travail pourrait être augmenté par les technologies intelligentes. Elle montre aussi que 39 % des emplois pourraient potentiellement être automatisés en France, avec un impact différent en fonction des rôles et des régions qui souligne la nécessité d’un accompagnement ciblé pour accélérer les opportunités et gérer les risques.

En France, les personnes évoluant dans des fonctions liées aux sciences et à l’ingénierie seront les premiers bénéficiaires des technologies d’augmentation, en termes de productivité. Soixante-quatorze pour cent de leur temps de travail pourrait ainsi être enrichi. Les recherches d’Accenture révèlent par ailleurs que 20 % de cette augmentation pourrait avoir lieu au cours des dix prochaines années. Des investissements appropriés dans l’acquisition de compétences pourraient répondre au besoin des 134 000 travailleurs supplémentaires anticipé sur ce segment au cours de la prochaine décennie.

« Que les nouvelles technologies aient pour but d’augmenter ou d’automatiser le travail, le renforcement des compétences est une urgence », assure Laurence Morvan, directrice de cabinet du PDG d’Accenture et membre du comité de direction. « Mais avant de s’engager à améliorer la formation professionnelle, les dirigeants d’entreprise doivent comprendre comment la technologie va remodeler la nature du travail dans leur secteur, et anticiper le nouvel éventail de compétences que leurs employés devront maîtriser. »

Des nouvelles compétences qui deviennent essentielles

Selon le rapport, des compétences telles que la capacité à déployer des raisonnements complexes, la créativité, l’intelligence émotionnelle et la perception sensorielle gagnent aujourd’hui en importance, et cela dans presque tous les métiers. Et cette tendance devrait se renforcer encore davantage avec l’adoption des technologies intelligentes.

The Skillsets of Growing Important

Les compétences qui gagnent du terrain s’acquièrent par la pratique et l’expérience.

« Les approches pédagogiques actuelles ne sont plus adaptées au monde d’aujourd’hui, et encore moins à celui de demain. Les recherches menées en neurosciences et en sciences du comportement nous montrent qu’il existe de meilleures façons d’apprendre », poursuit Laurence Morvan. « La plupart des compétences qui seront clé sur le lieu de travail de demain s’acquerront en premier lieu par la pratique et l’expérience concrète. Il faut revoir en profondeur les approches en matière de développement des compétences, en mettant l’apprentissage expérientiel au cœur de la pédagogie.

Accenture recommande une approche à trois volets pour résoudre cette crise des compétences :

  1. Accélérer l’apprentissage expérientiel : Un large éventail de techniques doit être déployé, du design thinking dans les conseils d’administration aux outils de formation par simulation pour les fonctions plus techniques, en passant par les initiatives de formation en cours d’emploi et les programmes d’apprentissage en entreprise. Dans les écoles, l’apprentissage actif basé sur des projets et les activités pédagogiques par équipes doivent être encouragés. Il faut enfin appliquer de nouvelles technologies telles que la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle (IA) pour rendre l’apprentissage plus immersif, plus motivant et plus personnalisé.
  2. Mettre l’accent sur l’individu et non plus sur l’institution : Les objectifs en matière d’éducation et de formation doivent inciter chaque individu à développer un champ de compétences plus large, au lieu de simplement viser l’obtention d’un certain nombre de diplômés issus de formations spécifiques. Cette nouvelle alchimie doit mettre l’accent sur les raisonnements complexes, la créativité et l’intelligence socio-affective.
  3. Soutenir les apprenants vulnérables : Les travailleurs plus âgés, les personnes peu éduquées, et les employés de petites entreprises sont plus exposés aux effets des nouveaux modes de travail et ont un accès plus limité aux opportunités de formation. Une intervention ciblée est donc nécessaire pour orienter ces apprenants vers des formations et des parcours de carrière appropriés. Les formations doivent être plus modulables et flexibles pour s’adapter aux parcours de vie et aux engagements personnels de chacun. De nouveaux modèles de financement doivent enfin encourager l’apprentissage tout au long de la vie, avec notamment des bourses d’aide aux plans de formation personnalisés.

Pour plus d’informations à propos de cette étude, consultez It's learning. Just not as we know it. Vous pouvez également vous joindre aux discussions : #FutureWorkforce #G20YEA.

A propos de l’enquête

Accenture a eu recours à l’agrégation statistique pour analyser des ensembles de compétences, de capacités et d’activités professionnelles. Ce travail a permis de concevoir, à partir des données empiriques, dix groupes de rôles et de métiers qui utilisent des compétences et exécutent des tâches similaires, et dont on peut s’attendre à ce qu’ils soient touchés de manière similaire par les technologies intelligentes. Ces 10 groupes de rôles ont été utilisés pour proposer une classification de la main-d’œuvre pour 14 pays du G20. Pour calculer la croissance non perçue, Accenture a analysé l’impact des technologies intelligentes sur un certain nombre de tâches et de compétences spécifiques. En s’appuyant sur les données de l’Occupational Information Network (O*NET - Département du travail des États-Unis) et de l’Organisation internationale du travail (OIT), Accenture a calculé le temps de travail total pouvant potentiellement être automatisé et augmenté pour différents métiers. La croissance du PIB (2018-2028) a été modélisée selon deux hypothèses d’offre, afin de mesurer l’impact sur le PIB si les besoins en compétences ne sont pas satisfaits. La prime de croissance non perçue (Forgone Growth Premium) a été calculée en fonction de deux scénarios différents concernant les investissements réalisés dans le domaine des technologies intelligentes. Accenture a également conduit des entretiens approfondis avec des dirigeants d’entreprise, des experts et des praticiens de différents secteurs, et a mobilisé l’expertise et l’expérience de ses propres collaborateurs dans les domaines de l’apprentissage, des nouvelles technologies et de la gestion des talents. Consultez It's learning. Just not as we know it pour la méthodologie complète.

A propos d’Accenture

Accenture, l’un des leaders mondiaux des services aux entreprises et administrations, propose une large gamme de services et solutions en stratégie, conseil, digital, technologie et gestion déléguée d’opérations. Combinant son expérience et son expertise dans plus de 40 secteurs d’activité et pour toutes les fonctions de l’entreprise - en s’appuyant sur le plus grand réseau international de centres de services -, Accenture intervient à l’intersection de l’activité de ses clients et de la technologie pour les aider à renforcer leur performance et créer de la valeur sur le long terme pour leurs parties prenantes. Avec 449 000 employés intervenant dans plus de 120 pays, Accenture favorise l’innovation pour améliorer notre environnement de demain. Retrouvez-nous sur www.accenture.com.

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