Accenture a interrogé les dirigeants de 133 grandes entreprises des secteurs de l'énergie, des services d'utilité publique, de la chimie et des ressources naturelles en Amérique du Nord et du Sud, Europe, Asie et Afrique. S'ils admettent l'importance de leur propre rôle dans la résolution des enjeux climatiques, les dirigeants interrogés attendent des politiques qu'ils ouvrent la voie en encadrant par des dispositions claires leurs projets et leurs actions.
Cette étude aborde trois questions essentielles : - La perception du réchauffement climatique, ainsi que de son impact présent et futur sur le secteur des ressources.
- La réduction des émissions de carbone : le rôle des pouvoirs publics, des entreprises industrielles et des particuliers.
- Les mesures prises par les entreprises du secteur des ressources face aux défis et opportunités associés au changement climatique.
Quelles sont les 5 constats qui se dégagent de cette enquête ? 1- Les entreprises du secteur des ressources reconnaissent l'importance du changement climatique dans leur activité. 87 % des entreprises de ce secteur considère le réchauffement climatique pour les cinq années à venir comme un enjeu de taille voire comme un enjeu « essentiel » pour 50 % d'entre elles.
C'est pour les entreprises du secteur des services publics que la question du changement climatique revêt le plus d'importance, puisqu'elles sont 71 % à penser qu'il s'agit là d'un enjeu essentiel.
Les entreprises se sentent obligées de prendre des mesures vis-à-vis de leurs clients, de leurs investisseurs et de leurs collaborateurs – qui constituent d'importants facteurs de motivation pour plus d'un répondant sur deux.
2- Lorsque le cadre réglementaire est bien défini, les entreprises n'hésitent pas à passer à l'action. Les entreprises de l'Union Européenne, dont l'activité est encadrée par un corpus réglementaire relativement conséquent et cohérent, privilégient plus souvent les facteurs susceptibles d'avoir de réelles retombées commerciales. Elles considèrent, à 73 %, les émissions de gaz à effet de serre comme une part intégrante de l'ensemble de leurs processus stratégiques, contre seulement 37 % dans les autres pays.
Plus de deux tiers des entreprises du secteur des ressources en Europe estiment que le Système européen d'échange de quotas d'émissions, malgré la hausse des coûts qu'il implique, a eu un impact positif sur leurs décisions, activités et performances en matière de changement climatique.
3- Une politique nationale fluctuante, l'absence de cadre réglementaire global et des comportements mitigés de la part des clients sont autant de facteurs qui incitent les entreprises à rester prudentes. L'absence de visibilité réglementaire à long terme et une réglementation hétérogène dissuadent trois entreprises sur quatre de passer à l'action pour lutter contre le réchauffement climatique. 56 % des personnes interrogées considèrent davantage le changement climatique comme un risque que comme une opportunité.
Si la demande de solutions peu polluantes est variable du côté des clients commerciaux, elle est beaucoup plus régulière du côté des particuliers. 80 % des entreprises pensent que les consommateurs finaux sont prêts à modifier leur comportement (via la préservation des ressources ou la mise en place de technologies à haut rendement énergétique) pour aider à résoudre le problème du réchauffement de la planète, alors qu'elles sont 91 % à penser la même chose de leurs clients commerciaux.
4- En dépit des incertitudes, de réelles opportunités sont à saisir. Les fournisseurs d'énergie pourraient, dans leur majorité, sous-estimer le potentiel de la demande de produits sobres en carbone émanant des clients.
Seuls 9 % des fournisseurs d'énergie considèrent que l'économie de carbone constitue un critère d'achat essentiel pour les particuliers. Pourtant, les consommateurs affirment qu'ils n'hésiteraient « certainement pas » (41 %) ou « probablement pas » (48 %) à changer de fournisseur d'énergie pour pouvoir obtenir des produits sobres en carbone.
5- Les entreprises attendent des pouvoirs publics qu’ils définissent un cadre politique cohérent. Elles considèrent ainsi la réduction d’émission de carbone et les normes d’efficacité comme les outils réglementaires les plus efficaces, soutenus par l’innovation technologique. 84 % des sondés citent l'action des pouvoirs publics comme l'un des trois principaux moyens de stabiliser les émissions à l'échelon mondial. 88 % estiment qu'un accord mondial sur les émissions de gaz à effet de serre est nécessaire pour obtenir de réels progrès.
L'innovation technologique est considérée par les entreprises comme la mesure la plus prometteuse.
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