Face à l’ampleur des ressources mobilisées par la mise en conformité, plus de 60 % des répondants prévoient de déployer des solutions provisoires d’ici 2008. Les 100 premières banques européennes devraient dépenser plus de 3 milliards d’euros. Télécharger : Le communiqué [PDF, 124KB] Acrobat Reader Paris, le 20 septembre 2006 – L’avènement de l’espace unique de paiement en euros (Single Euro Payments Area, SEPA) soulève d’importants enjeux en Europe : selon une récente étude Accenture, les responsables du secteur des paiements de bon nombre des principaux établissements financiers ont largement revu à la hausse leurs prévisions de coût et craignent une insuffisance de leurs ressources commerciales et techniques. Le SEPA et les programmes qui lui sont associés répondent à un double objectif réglementaire : rationaliser et harmoniser le vaste marché, aujourd’hui fragmenté, des paiements en Europe, et lever les obstacles au traitement des paiements transnationaux. Parce que tous les modes de paiement électronique (règlements par carte, virements, prélèvements, etc.) sont concernés, le SEPA aura des implications aussi bien pour les banques et les organismes de traitement que pour leurs clients, particuliers comme entreprises. Le SEPA et d’autres chantiers réglementaires constituent le principal vecteur d’évolution de l’Europe des paiements pour plus de la moitié des responsables interrogés (62 %), loin devant la dynamique du marché (28 %). Toutefois, le classement des différentes opinions sur la réglementation soumises à l’appréciation des sondés révèle que l’avènement de l’espace unique de paiement en euros est davantage perçu comme une opportunité que comme une contrainte. Les trois quarts des sondés (74 %) s’accordent à penser que le SEPA représente « un catalyseur de changement qui accélérera les projets de transformation de leurs infrastructures de paiement. » Plus de la moitié des responsables (57 %) estiment qu’il s’agit « d’un projet porteur d’une harmonisation, de standards et de gains d’efficacité qui se trop longtemps fait attendre ». Seuls 16 % jugent « les changements induits inutiles et injustifiés » et, pour 27 % des sondés, le SEPA reste « un projet très risqué assorti de délais intenables ». L’enquête a été menée entre avril et juin auprès de 47 spécialistes des paiements issus de banques de premier plan, d’organismes assurant le traitement des transactions commerciales / interbancaires et d’établissements locaux dans 13 pays : France, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Royaume-Uni, Lettonie et Irlande. L’échantillon interrogé représente une part significative du marché européen des paiements, dont 12 des 26 organismes de traitement interbancaire, 26 des 100 plus grandes banques et 5 des principaux opérateurs chargés du traitement des transactions commerciales. Quarante pour cent des répondants issus d’établissements bancaires pensent investir entre 11 et 50 millions d’euros dans les infrastructures de type ACH (Automatic Clearing Houses, chambres de compensation automatisées) au cours des cinq prochaines années, et 34 % tablent sur un budget comparable pour les systèmes de traitement des opérations par carte. Au total, ce sont donc plus de 3 milliards d’euros que les 90 premières banques d’Europe devraient consacrer aux infrastructures de paiement dans les cinq années à venir, estime Pierre Pouyfaucon, responsable des activités banques en France. L’estimation précédente la plus élevée – 8 milliards d’euros pour l’ensemble de l’Europe – avancée par TowerGroup* sera donc très probablement dépassée. * [Communiqué de presse du 23 mai 2005 de TowerGroup] « Le marché européen des paiements connaît une véritable révolution, poursuit P. Pouyfaucon. Après plusieurs années quasiment exemptes de changement et d’investissements réglementaires obligatoires, les initiatives visant à promouvoir les paiements transnationaux continus en Europe se révèlent lourdes de conséquences et coûteuses pour tous les acteurs concernés. » Plus d’un tiers des répondants (39 %) projettent de remplacer leurs plates-formes existantes de traitement des paiements pour se mettre en conformité avec le SEPA, tandis que plus de la moitié (55 %) prévoient de moderniser les systèmes en place. Seuls 6 % se déclarent indécis ou envisagent d’autres mesures. Malgré tous ces investissements, 37 % seulement des responsables interrogés pensent être totalement prêts pour la première échéance du SEPA en 2008. De 2008 à 2010, les systèmes de paiement nationaux en place co-existeront avec les paiements SEPA, avant leur migration complète en 2010. Les établissements qui n’auront pas mis à jour leurs systèmes d’ici 2008 devront déployer des solutions intermédiaires pour convertir les paiements SEPA en vue de leur prise en charge par les systèmes existants jusqu’en 2010. Un quart des sondés (27 %) prévoient de gérer ces solutions provisoires en interne, et 19 % de recourir aux services de tiers. Seize autres pour cent envisagent de développer des produits autonomes conformes aux principes du SEPA. « Les DSI ont de quoi se faire des cheveux blancs avant que tout ne soit fini, ajoute Gérard Naouri, responsable de l’offre Nouvelles architectures de Paiement. Si les banques n’ont pas l’obligation d’une mise en conformité pleine et entière pour 2008, le fait que près de deux tiers des répondants privilégient la recherche de solutions ponctuelles est inquiétant. Ce faisant, ils s’exposent à un surcoût, puisqu’ils n’auront que 24 mois supplémentaires pour parvenir à une solution définitive. Les établissements concernés ont tout intérêt à retenir une solution qu’ils pourront par la suite étoffer pour une mise en conformité totale. » De nombreuses banques voient leurs ressources commerciales et techniques mises à mal par le projet de création du SEPA, et c’est l’une des raisons pour lesquelles deux tiers des sondés craignent de ne pouvoir respecter l’échéance de 2008. Interrogés sur les compétences organisationnelles les plus menacées par le passage au SEPA, 74 % des participants à l’étude citent les compétences liées à « la gestion de projets technologiques ». Viennent ensuite « la gestion de projets commerciaux » (71 %), « la planification et le développement de la stratégie » (69 %), « le déploiement des infrastructures » (67 %) et « la conduite du changement au sein de l’entreprise » (62 %). « Ces réponses suggèrent que le processus de migration réglementaire vers le SEPA risque d’étouffer le secteur des paiements en mobilisant tant de ressources, analyse Gérard Naouri. Plusieurs dirigeants avouent d’ailleurs redouter que le SEPA ne pèse sur l’innovation produits – ce qui serait totalement contraire au but visé. »
Autres conclusions de l’étude : - au cours des cinq années à venir, les banques de la zone euro devraient dépenser davantage que les établissements situés hors de la zone euro pour transformer leurs infrastructures de paiement. Hors de la zone euro, les investissements les plus importants devraient émaner du Royaume-Uni et de la Scandinavie, où les principaux établissements bancaires devraient respectivement débourser 300 millions et 250 millions d’euros environ. Au sein de la zone euro, la France et l’Italie arrivent en tête, avec un budget respectif de l’ordre de 500 millions d’euros. En moyenne, les banques interrogées prévoient de consacrer 23 millions d’euros chacune à la réforme des systèmes de traitement des opérations de type ACH, et 22 millions d’euros chacune aux paiements par carte.
- de toutes les nouveautés introduites par le SEPA, les répondants considèrent que la mise en place du prélèvement SDD (SEPA Direct Debit) sera celle qui aura le plus d’impact sur leur activité et leurs produits. Plus de deux tiers des sondés (71 %) estiment qu’il s’agit du volet le plus complexe des opérations ACH, notamment parce que les nouvelles règles diffèrent des procédures nationales actuellement appliquées dans plusieurs pays. De nombreuses banques s’inquiètent également des mutations importantes que la mise en œuvre des prélèvements SDD ne manquera pas d’imposer à leurs entreprises clientes.
- les banques sont les mieux armées pour tirer parti du SEPA sur leur marché local selon 79 % des sondés, suivies des opérateurs de cartes internationaux tels que Visa et MasterCard (61 %).
Les responsables interrogés jugent par ailleurs inévitable la concentration des opérations de traitement à mesure du remplacement des infrastructures nationales de paiement par des infrastructures européennes. Selon leurs prévisions : - en moyenne, seules 7 des 15 chambres de compensation automatisées et seuls 7 des 11 organismes nationaux de traitement des cartes interbancaires en Europe survivront au-delà de 2010 ;
- en moyenne, seuls 4 des 11 opérateurs nationaux de cartes de débit existant actuellement auront conservé leur indépendance en 2010 ;
- les opérateurs nationaux de cartes de débit risquent de perdre leur indépendance d’ici 2010 ;
- le mouvement de concentration risque de compliquer la situation pour les nouveaux entrants.
« Pour bon nombre des participants à l’étude, Visa et Mastercard seront les grands gagnants de la bataille qui s’annonce, notamment dans le domaine des cartes de débit, commente P. Pouyfaucon. Leur activité dans le traitement des transactions par carte devrait ainsi connaître une montée en puissance en Europe. Ils auront toutefois besoin de développer leur offre – aujourd’hui limitée à des services d’autorisation, de compensation et de règlement – pour rivaliser avec leurs homologues américains et européens. » Méthodologie de l’étude L’étude a été réalisée par PSE Consulting pour le compte d’Accenture entre avril et juin 2006. Quarante-sept hauts responsables exerçant auprès de banques de premier plan, d’opérateurs, d’organismes interbancaires et de spécialistes du secteur des paiements ont été interrogés dans 13 pays d’Europe, au moyen de questionnaires structurés appelant des réponses tant quantitatives que qualitatives. L’estimation cumulée des dépenses européennes s’appuie sur les données recueillies lors de cette étude et de précédentes enquêtes publiées par PSE en 2006, portant sur 20 banques supplémentaires en Europe. 
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