Le volume de négociation de gré à gré des obligations et des dérivés semble constituer le principal vecteur d’expansion des places boursières Télécharger : Le communiqué [PDF, 125KB] Acrobat Reader PARIS, le 5 décembre 2006 – Par leur nouveau statut, les bourses de valeurs cotées se voient soumises à des obligations de résultats en termes de croissance et de bénéfices, qui, conjuguées à une réglementation de plus en plus contraignante, sont en passe de transformer le paysage boursier mondial – c’est ce que révèle une étude Accenture publiée ce jour. L’étude a été menée sous la forme d’entretiens approfondis avec plus de 50 hauts responsables des principaux marchés d’actions et de dérivés, des chambres de compensation et de réglement-livraison, des sociétés de bourse et d’intermédiaires auprès des émetteurs et des investisseurs en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Les résultats de l’enquête montrent que la proportion de la capitalisation boursière mondiale présente sur les bourses cotées a été quasiment multipliée par huit en six ans, passant de 8 % en 2000 à 63 % en 2006. En faisant naître une nouvelle responsabilité envers leurs actionnaires, le nouveau statut des places financières les contraint à trouver rapidement de nouvelles sources de revenus et à faire preuve d’une rentabilité accrue. Parallèlement, les nouvelles réglementations visant à améliorer tant la protection des investisseurs que l’efficacité et la transparence des marchés – à savoir la réforme Reg NMS aux États-Unis et la directive MiFID en Europe – devraient permettre de réguler le jeu de la concurrence en harmonisant les conditions d’activité des bourses de valeurs, plates-formes de négociation alternatives et sociétés d’investissement « internalisant » les ordres. « Sous l’effet conjugué des pressions nées de l’exigence accrue de création de valeur pour l’actionnaire et des nouvelles réglementations qui ouvrent la porte à de nouveaux entrants, on assiste à la fois à un mouvement de concentration et de fragmentation des marchés des valeurs mobilières ainsi qu’à une expansion géographique doublée d’une diversification des produits », déclare Susanne Kloess, auteur de l’étude et co-responsable de l’activité Marchés des capitaux chez Accenture. « Face à ces nouvelles tendances, les places financières devront redoubler d’efforts pour concevoir des stratégies plus agressives pour leurs produits et services, et capitaliser sur les dernières technologies pour fidéliser leurs clients et renforcer leur position concurrentielle. » L’étude a notamment mis au jour les constatations et prévisions suivantes : - 96 % des obligations américaines et 83 % des produits dérivés mondiaux se négociant actuellement de gré à gré, les pressions concurrentielles inciteront les bourses de valeurs à chercher des relais de croissance du côté des marchés obligataires et dérivés encore inexploités
- Le secteur se trouve confronté à un risque de fragmentation, le mouvement de concentration des principales bourses risquant d’être contrebalancé par le grand nombre de nouveaux concurrents capables de drainer les volumes de négociation vers différents opérateurs.
- La Chine et l’Inde apparaissent comme les principales plates-formes de croissance pour l’activité titres, l’Inde devant, à moyen terme, voir sa vingtaine de places boursières regroupée en deux ou trois plates-formes centrales de négociation.
- Aux États-Unis, la structure de négociation des actions sera sensiblement modifiée par la réforme Reg NMS, qui risque de mettre en péril la compétitivité des marchés traditionnels à la criée.
- Les bourses américaines évolueront vers un modèle multi-produits, où instruments de trésorerie, dérivés et obligataires se négocieront sous le même toit, à l’instar de certaines places financières européennes.
- L’infrastructure de compensation et de réglement-livraison sera rationalisée ou deviendra interopérable via un système pan-européen qui autorisera les opérations transfrontalières et transversales.
« Pour les particuliers comme pour les investisseurs institutionnels, ces modifications seront synonymes de rapidité d’exécution des ordres, de resserrement des spreads et d’un choix d’opérateurs accru, explique Bill Cline, responsable monde, Marchés des capitaux, Accenture. « Mais si les bénéfices attendus sont clairs pour les investisseurs, ils le sont moins pour les bourses de valeurs traditionnelles. Pour tirer leur épingle du jeu et assurer leur croissance, elles devront déployer de nouvelles approches et des stratégies originales. Dans ce contexte, l’étude identifie cinq impératifs stratégiques à l’attention des places financières : - Développer l’attractivité des services existants par la personnalisation des produits, une plus grande efficacité et une tarification compétitive ; élargir l’offre de produits et services dans le domaine des instruments dérivés et structurés (multi-produits) ; améliorer l’accès à leurs systèmes de négociation en baissant les coûts de transaction.
- Pour les plus importantes d’entre elles, se positionner, via le marketing international et les alliances stratégiques, pour tirer profit du potentiel de croissance de la Chine et de l’Inde, qui deviendront les deux premières plates-formes de croissance pour l’activité titres. • Pour les grandes places boursières engagées dans des opérations de fusions, aligner le modèle économique sur les capacités technologiques, et mettre l’accent sur l’intégration culturelle avant et après la fusion.
- Pour les bourses de moindre envergure, valoriser la connaissance du marché local et concevoir de nouveaux véhicules d’investissement attractifs, éventuellement via des alliances de partage de plate-forme avec les autres bourses, afin d’ouvrir plus largement l’accès des PME aux marchés des capitaux.
- L’entrée en vigueur de la réforme Reg NMS et de la directive MiFID devant tripler le volume des algorithmes et autres formes de négociations électroniques, les marchés doivent se tourner vers des produits de données à valeur ajoutée et à marge élevées, afin de capitaliser sur la forte augmentation des données traitées pour générer des revenus supplémentaires.
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