Des interrogations se font jour sur les budgets nécessaires et la rentabilité des projets; les banques nord-américaines accusent toujours un certain retard sur leurs homologues européennes Télécharger Le communiqué [PDF, 119KB] Acrobat Reader Paris, le 25 juillet 2005 – Malgré des efforts accrus, les banques font face à des difficultés croissantes pour s'adapter au cadre réglementaire de Bâle II qui établit de nouvelles règles de gestion du risque et d'adéquation des fonds propres ; c'est ce que révèle une enquête publiée ce jour par Accenture (NYSE: ACN). Cette étude a été menée auprès des responsables chargés du projet Bâle II dans 63 des plus grandes banques nord-américaines et européennes. Il s'agissait d'évaluer les réponses apportées aux défis du nouvel accord de Bâle, qui améliore le dispositif prudentiel en favorisant la convergence entre capital réglementaire et du capital économique. L'enquête montre que la majorité des établissements bancaires se trouvent confrontés à des difficultés inattendues et s'interrogent – davantage que lors de l'édition 2004 de l'étude – sur les bénéfices du projet. La plupart reconnaissent toutefois qu'il s'agit d'une opportunité de progresser vers des techniques avancées de gestion du risque –l'un des objectifs clés du nouvel accord – en poussant les Directions Générales à porter une attention accrue sur ces thèmes et à assurer la mise en œuvre des systèmes d'information nécessaires. Les banques européennes ont toujours une longueur d'avance sur les établissements nord-américains, ceux-ci ayant peut-être levé le pied lorsque le Législateur américain a décidé de reporter l'application de Bâle II aux États-Unis. Ainsi, alors que les nouvelles règles entreront en vigueur en janvier 2008 dans tous les pays, aux États-Unis, seules les grandes banques présentes à l'international seront concernées. « Nous nous attendions à des avancées plus marquées en 12 mois, déclare Philippe Vidal, Partner spécialiste des problématiques Bâle II chez Accenture. En revanche, on note une volonté accrue de faire avancer les projets Bâle II, notamment en Amérique du Nord. Il faut s'en féliciter car l'étude montre que les banquiers ont souvent tendance à sous-estimer la difficulté d'appliquer la nouvelle réglementation. » Principaux résultats de l'étude : - Près de la moitié (45 %) des personnes interrogées tablent sur un budget de plus de 50 millions d'euros d'ici 2007, contre 23 % lors l'enquête précédente. Les banques semblent désormais disposer d'ne meilleure visibilité du coût total, seules 10 % d'entre elles affirmant ne pas connaître le coût exact de leur projet Bâle II, contre 29 % l'année dernière.
- Au-delà de la simple mise en conformité avec les nouvelles règles, la moitié (49 %) des banques interrogées font état de projets d'investissement plus ou moins importants dans des solutions plus stratégiques visant à diffuser les meilleures pratiques de gestion du risque dans toute l'organisation.
- 79 % des personnes interrogées estiment que le nouvel accord ne devrait pas ou quasiment pas améliorer la situation financière de leur établissement, une progression de 6 points par rapport à 2004.
- En ligne avec un des objectifs de l'accord, près de la moitié (48 %) des sondés estime que le processus d'application de Bâle II a amélioré la gestion du capital économique de leur établissement. Parmi les avantages de Bâle II, une forte majorité (83 %) cite, à égalité, une allocation plus fine des capitaux et une meilleure prise en compte des risques dans la gestion financière.
« Nous sommes surpris de constater les attentes suscitées par l'intégration de la gestion du risque et de la gestion financière, alors qu'elles sont traditionnellement distinctes, déclare Philippe Vidal. Cela devrait améliorer la qualité des données participant à la prise de décision, notamment par une meilleure prise en compte du risque dans l'analyse de la rentabilité et la gestion des capitaux. » Un long chemin à parcourir Les résultats de l'étude indiquent que si les banques continuent de se préparer pour s'adapter aux exigences du nouvel accord de Bâle, la plupart ont encore du chemin à parcourir. Seules 3 banques interrogées cette année (5 %) déclarent avoir mis en oeuvre au moins l'un des piliers de Bâle II. Tous pays confondus, la majorité en est encore à la phase de conception ou d'élaboration des projets. Le nombre des établissements nord-américains interrogés se situant toujours au stade des analyses de l'existant ou de l'élaboration des solutions a certes reculé depuis l'année dernière, mais il se situe toujours autour de 50 % (contre 71 % en 2004), contre 16% pour les banques européennes. Parallèlement, seules 39 % des banques nord-américaines (contre 21 %) ont atteint la phase « conception et test » de leur programme de mise en conformité – une étape considérée comme une avancée concrète vers la mise en œuvre d'une solution. Un chiffre à comparer avec les 82 % d'établissements européens arrivés à ce stade en 2005, contre 67 % l'année dernière. Il apparaît également que de nombreuses banques européennes ont revu leurs estimations budgétaires à la hausse. Ainsi, interrogés sur le coût estimé de leur projet Bâle II, 33 % des Européens sondés le situent dans une fourchette de 51 millions d'euros à 100 millions d'euros, contre 16 % seulement pour la précédente édition de l'étude. À l'inverse, le nombre de banques citant un coût compris entre 26 millions d'euros et 50 millions d'euros est passé de 22 % à seulement 9 % cette année. Les banques nord-américaines, lanternes rouges, semblent ne pas avoir appréhendé l'impact global des nouvelles règles sur leur organisation interne, 39 % tablant sur un budget inférieur à 25 millions d'euros. « À mesure que les banques européennes progressent dans leur projet, elles font état d'augmentations sensibles des budgets prévus, ajoute Philippe Vidal. Les établissements nord-américains, qui ne sont qu'au début de ce cycle, sous-estiment probablement le coût de la mise en conformité. Bien que la plupart des grandes banques nord-américaines disposent déjà des compétences pointues de mesure du risque nécessaires à l'application de Bâle II, la majorité fait face à des coûts importants pour la collecte des données et pour appliquer le deuxième pilier de l'accord relatif au processus de surveillance prudentielle. » De part et d'autre de l'Atlantique, les banques estiment que le principal poste de coût concernera le risque crédit et les systèmes informatiques, le risque opérationnel devant représenter une moindre proportion des investissements. Des interrogations sur les avantages Les banques se montrent généralement moins enthousiastes sur les avantages de Bâle II que l'année dernière (avec des différences notables selon les régions). Ont-elles l'impression, au-delà de l'obligation de respecter les nouvelles règles, d'investir pour améliorer leurs opérations ? 60 % des établissements européens en sont plutôt ou totalement convaincus, contre seulement 34 % des banques nord-américaines. Dans tous les pays, les avantages spécifiques de Bâle II semblent moins bien perçus que précédemment. Ainsi, seuls 35 % des répondants se déclarent totalement convaincus que les nouvelles règles amélioreront l'allocation du capital, contre 55 % l'année dernière. Parallèlement, seuls 19 % anticipent une meilleure perception du marché (contre 59 %) et 25 % seulement tablent avec certitude sur une efficacité accrue de leurs processus, contre 43 % l'année dernière. « À mesure qu'elles progressent dans l'adoption de Bâle II, les banques deviennent plus inquiètes sur les bénéfices attendus et les coûts de la mise en conformité, explique Philippe Vidal. Malheureusement, ces considérations budgétaires masquent les véritables avantages à long terme pour de nombreuses banques. Certaines restent focalisées sur les coûts alors que d'autres anticipent les bénéfices conséquents et l'avantage concurrentiel que peut conférer un léger investissement supplémentaire. » Méthodologie Conçue par Accenture, qui en a également exploité les résultats, l'enquête a été menée sous forme d'entretiens téléphoniques auprès des dirigeants des 63 plus grandes banques d'Amérique du Nord et d'Europe, en avril et mai 2005. Les entretiens ont été conduits par le cabinet britannique d'études de marché Kadence Ltd, sur la base d'un questionnaire standardisé et structuré, destiné à faire le point sur la façon dont les sondés envisagent les principaux défis soulevés par l'application de Bâle II. 
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François Luu Accenture Tél. : + 33 1 53 23 68 55 e-mail : francois.luu@accenture.com Haut de la page
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