PARIS, le 17 mars 2009 – Plus de deux tiers des consommateurs à travers le monde pensent que leur pays devrait adopter ou utiliser davantage l’énergie nucléaire. C’est ce que révèle une enquête internationale dont les résultats sont publiés aujourd’hui par Accenture. Cette enquête, réalisée auprès de plus de 10 000 personnes dans 20 pays, indique que 29 % des consommateurs interrogés sont partisans sans réserve d’une adoption ou d’un renforcement du nucléaire, tandis que 40 % y seraient favorables si leurs inquiétudes à ce sujet étaient dissipées. Toutefois, et cela doit servir de mise en garde pour les producteurs d’énergie nucléaire et les responsables politiques, les avis se sont polarisés au cours des dernières années. L’enquête constate que, globalement, l’opinion a basculé en faveur de l’énergie nucléaire : 29 % des personnes interrogées se disent plus favorables au lancement ou au renforcement d’un programme nucléaire dans leur pays qu’elles ne l’étaient il y a trois ans. Toutefois, près d’une sur cinq (19 %) déclare l’inverse. « Les préoccupations quant à la sécurité énergétique, à la volatilité des cours des combustibles fossiles et au changement climatique font remonter la cote du nucléaire chez les consommateurs », observe Jean-Marc Ollagnier, Directeur Général Europe de l’activité Energie et Ressources d’Accenture. « Cependant, les responsables politiques et les producteurs d’énergie ne doivent pas considérer le consentement du public comme acquis. Les pouvoirs publics et le secteur énergétique doivent être conscients de la fragilité persistante de ce soutien au nucléaire. » Pallier la pénurie de combustibles fossiles avec le nucléaire Alors que, dans leur grande majorité (88 %), les consommateurs estiment important pour leur pays de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, ils ne sont que 43 % à penser que les énergies renouvelables ne peuvent pas à elles seules pallier la pénurie de ces derniers, 39 % étant de l’avis contraire. Plus de quatre consommateurs sur dix (43 %) voient dans l’énergie nucléaire un moyen de réduire les émissions de carbone à l’avenir, parmi lesquels 9 % appellent exclusivement à une intensification des programmes nucléaires pour lutter contre la dépendance aux combustibles fossiles, tandis que 34 % souhaitent un panachage du nucléaire et des énergies renouvelables. Les consommateurs demandent plus d’information Parmi les opposants à la production d’énergie nucléaire dans leur pays, les trois principales motivations tiennent à des inquiétudes concernant l’efficacité des solutions de retraitement des déchets (91 %), la sécurité des centrales (90 %) et leur démantèlement (80 %). Dans chaque cas, près de la moitié (45 %) de ces opposants déclarent que, s’ils étaient davantage informés sur ces trois aspects, ils pourraient changer d’avis, du moins dans une certaine mesure. Un peu plus d’un quart seulement (28 %) des personnes interrogées se jugent bien ou très bien informées sur la politique nucléaire de leur pays, alors que près de trois quarts d’entre elles (72 %) déplorent une insuffisance, voire une absence totale d’information. « La transparence de l’information est le facteur le plus important du soutien des consommateurs et les résultats de notre enquête montrent que l’opinion publique peut évoluer de manière significative en fonction des informations disponibles », souligne Jean-Marc Ollagnier. « Les pouvoirs publics doivent justifier plus clairement leur politique nucléaire afin de rallier l’adhésion du public à leurs décisions d’intensifier, de limiter ou de poursuivre leur engagement dans ce domaine. » Répartition par sexe, zone géographique et tranche d’âge L’enquête révèle de grandes disparités entre les réponses selon la localisation géographique, le sexe et l’âge des personnes consultées. A titre d’exemple, alors que 43 % d’entre elles sont favorables à l’énergie nucléaire en tant que moyen de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, que ce soit employée seule ou en combinaison avec des énergies renouvelables, les 55 ans et plus sont proportionnellement plus nombreux dans ce cas que les moins de 35 ans (51 % contre 38 %). De même, les hommes sont plus nombreux à se dire partisans du nucléaire que les femmes (49 % contre 39 %). Du point de vue géographique, le soutien le plus marqué au nucléaire comme substitut des combustibles fossiles (seul ou combiné à des énergies renouvelables) provient de l’Inde (67 %), de la Chine (62 %), des Etats-Unis (57 %) et de l’Afrique du Sud (55 %). Ce soutien est bien moindre en France (37 %), en Italie (37 %), en Belgique (36 %), en Allemagne (31 %), au Brésil (29 %), en Grèce (28 %) et en Espagne (28 %). A la question « pensez-vous que votre pays doit adopter ou exploiter davantage l’énergie nucléaire, que ce soit spontanément ou si vos inquiétudes sont apaisées ? », la réponse est oui pour 69 % de l’ensemble du panel. Les Indiens, Chinois, Sud-africains ou Américains sont les plus nombreux à répondre par l’affirmative (respectivement 96 %, 91 %, 88 % et 81 %). Les pays où prédominent les réponses négatives sont l’Allemagne (50 %), la Grèce (49 %) et l’Espagne (49 %). En ce qui concerne la répartition par sexe, les hommes sont plus nombreux que les femmes à soutenir le nucléaire spontanément ou sous réserve que leurs inquiétudes soient apaisées (74 % contre 64 %). Par tranche d’âge, les plus de 55 ans sont les plus fervents partisans du nucléaire avec ou sans réserve (75 % de réponses favorables), alors que les 25-34 ans sont les moins nombreux dans ce cas (64 %). Méthodologie L’enquête Accenture Multinational Nuclear Power Pulse a été réalisée en novembre 2008 sous la forme d’une série d’entretiens en ligne, d’une durée de 20 minutes et dans la langue maternelle des personnes interrogées, avec 10 508 individus de 20 pays. L’échantillon sélectionné est représentatif de l’ensemble de la population, excepté dans les pays émergents où il reflète la population urbaine. Les pays ayant participé à l’enquête sont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Chine, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Inde, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Russie, la Slovaquie et la Suède. A propos d'Accenture Accenture est une entreprise internationale de conseil en management, technologies de l'information et externalisation. Combinant son expérience, son expertise et ses capacités de recherche et d’innovation développées et mises en œuvre auprès des plus grandes organisations du monde sur l’ensemble des métiers et secteurs d’activités, Accenture aide ses clients - entreprises et administrations - à renforcer leur performance. Avec plus de 186 000 collaborateurs intervenant dans plus de 120 pays, Accenture a généré un chiffre d'affaires de 23,39 milliards de dollars au cours de l'année fiscale clôturée le 31 août 2008. Site Internet : www.accenture.com/fr. Haut de la page |