Paris, le 12 février 2008 - Selon les résultats d’une enquête Accenture publiée ce jour, plus des trois-quarts des grands assureurs européens évaluent à moins de 25 millions d’euros le coût de mise en conformité à Solvency II d’ici 2012. Parmi eux, plus de la moitié table sur un budget inférieur à 5 millions d’euros. Plus précisément, un tiers des assureurs interrogés situent ces coûts dans une fourchette comprise entre 5 et 25 millions d’euros, et 43 % en deçà de 5 millions d’euros. La directive européenne vise à harmoniser d’ici 2012 les réglementations nationales relatives à la solvabilité des assureurs établis en Europe, en appliquant de nouvelles exigences de fonds propres destinées à couvrir l’ensemble de leurs risques et engagements. Lorsqu’ils envisagent Solvency II sous l’angle plus large des avantages pour leur entreprise, les trois-quarts (75 %) des répondants estiment que les investissements de mise en conformité seront également utiles au niveau opérationnel. Selon eux, la mise en oeuvre de la directive se traduira par un regain de confiance des parties prenantes dans le contrôle et la gestion du risque (94 %) ainsi que dans la solidité des provisions techniques des assureurs (88 %). 85% des personnes interrogées pensent également que le passage à Solvency II va améliorer la gestion des capitaux. « L’estimation financière des assureurs pour l’adoption de Solvency II est nettement inférieure à celle des banques pour Bâle II (1) , déclare Erik Jacob, responsable de l’activité Risques d’Accenture France Benelux. Même si certains assureurs estiment qu’il faille minimiser les coûts pour être en conformité avec la règlementation Solvency II, une approche trop réductrice qui ne viserait pas à revoir la gestion des risques des processus clés ne permettra pas de tirer profit de tous les bénéfices attendus, ni d’anticiper les situations de crise. » Toujours selon l’étude, moins de 20 % des assureurs interrogés se disent suffisamment préparés pour l’entrée en vigueur de Solvency II. Parmi les axes de progrès, ils citent les processus, les systèmes informatiques, la quantification des risques et les capacités de modélisation. L’étude montre également que les assureurs ressentent le besoin d’améliorer leurs capacités clés de gestion des risques, et notamment celles liées à la détermination des prix en fonction du risque (89 %), l’intégration de la gouvernance et de la gestion du risque dans les processus décisionnels (80 %), la gestion du portefeuille de souscriptions (71 %), la gestion actif/passif (70 %) et la gestion du portefeuille d’actifs (63 %). -------------------------- (1) Selon une étude menée par Accenture en 2005 sur le coût de la mise en conformité à Bâle II (dispositif prudentiel similaire à Solvency II mais applicable au secteur bancaire), 56 % des banques interrogées prévoyaient un montant supérieur à 25 millions d’euros d’ici 2007. En outre, tandis que la vaste majorité (93%) des répondants déclarent que Solvency II renforcera le rôle critique des capacités de gestion des risques, un grand nombre admet que leur entreprise doit améliorer son infrastructure pour mieux identifier, évaluer, quantifier et maîtriser les risques. Plus précisément, 86 % des répondants reconnaissent que la culture et la gestion quantitative du risque de leur entreprise nécessitaient d’être améliorées et 79 % pensent que le contrôle et la gestion du risque devaient être renforcés. « Les assureurs européens espèrent que la nouvelle directive leur conférera un avantage compétitif, mais notre étude montre que beaucoup d’entre eux doivent investir tout d’abord de façon conséquente pour consolider leurs bases, ajoute Erik Jacob. Pour tirer parti de Solvency II, les assureurs doivent à la fois renforcer leur structure de gouvernance du risque et ajuster leurs processus décisionnels, tout en développant leurs capacités d’adaptation rapide des prix et d’optimisation du portefeuille. » Autres résultats de l’enquête : - Des retombées positives. La quasi-totalité (98 %) des assureurs interrogés s’attendent à des retombées positives de la directive sur le secteur dans son ensemble, et 95 % sur leur entreprise en particulier.
- Une mobilisation accrue. Neuf sur dix (89 %) déclarent avoir participé à la troisième étude d'impact quantitatif (QIS3), contre 73 % pour QIS2 et 50 % pour QIS1, ce qui traduit une implication accrue des acteurs du marché de l’assurance en Europe dans le processus de consultation mis en place par le CEIOPS (Comité européen des contrôleurs des assurances et fonds de pension) pour mesurer l’impact de la directive.
- Accélération de la préparation. Bien que la publication du texte définitif de la directive ait été repoussée à 2010 et qu’une entrée en vigueur semble peu probable avant 2012, deux tiers (66 %) des assureurs interrogés déclarent avoir déjà mis en œuvre des démarches formalisées pour se préparer au projet de réforme, contre seulement 49 % lors de l’enquête similaire menée par Accenture en 2006.
- Préférence pour les modèles internes. Une large majorité (93 %) envisage de recourir à leurs propres modèles internes, et non aux formules standards proposées par la directive, pour calculer leur « solvabilité complète requise » (SCR).
- Insuffisance des ressources. Pour expliquer pourquoi ils n’ont pas participé à la QIS, 70 % des assureurs interrogés invoquent une insuffisance de ressources. Parmi ceux qui ont participé à au moins deux QIS, cette réponse arrive en deuxième position (46%).
- Augmentation des fusions-acquisitions. Pour 84 % des répondants, l’entrée en vigueur de la directive renforcera la concentration du secteur de l’assurance.
- Vulnérabilité des petites sociétés d’assurance. Quatre répondants sur cinq (82 %) pensent que les petites structures seront les grandes perdantes du projet, et une proportion équivalente considère que les grandes entreprises du secteur auront beaucoup à y gagner.
Méthodologie Accenture a mené une enquête sur la perception de Solvency II par le secteur de l’assurance. L’étude a été réalisée entre septembre et octobre 2007 auprès d’un panel de grandes sociétés européennes essentiellement spécialisées en assurance-vie et IARD, parmi lesquelles les deux tiers des sociétés d’assurance-vie et les trois-quarts des assureurs non-vie enregistraient plus de 1 milliard d’euros de primes acquises par an. Au total, 44 assureurs ont été interrogés : 10 au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, 4 en Espagne et en Italie, 3 en Suède et 1 en Finlande, Norvège et Danemark. A propos d'Accenture Entreprise internationale de conseil en management, technologies de l'information et externalisation, Accenture conçoit et met en oeuvre des solutions innovantes pour aider ses clients, entreprises et administrations, à accroître leur performance. Fort de son expertise sectorielle, de sa connaissance approfondie des processus, de ses ressources à l'échelle mondiale et de solides réalisations, Accenture a la capacité de mobiliser les équipes, compétences et technologies les plus appropriées pour aider chacun de ses clients à atteindre l'excellence. Avec plus de 170 000 collaborateurs dans 49 pays, Accenture a généré un chiffre d'affaires de 19,70 milliards de dollars au cours de l'année fiscale clôturée le 31 août 2007. Site Internet : www.accenture.com/fr Contact presse Franck BIZET 01 53 23 67 14 franck.bizet@accenture.com |