Rédigé par Jerry M. Garcia, responsable du volet canadien des soins de santé et des sciences de la vie. Rapidement, une tendance de plus en plus marquée se confirme à l'échelle mondiale en ce qui a trait à l'utilisation généralisée des dossiers électroniques de santé (DES) et de la technologie de l'information (TI) s'y rattachant pour améliorer la qualité et la sécurité des soins de santé, ainsi que l'efficacité opérationnelle de la prestation de ces soins. De nombreux pays ont choisi d'adhérer à cette tendance. Les provinces canadiennes sont pour leur part à des étapes différentes du processus d'établissement de stratégies et de plans de mise en œuvre concernant le dossier électronique de santé (DES). Ralph Klein mentionnait récemment l'importance que prenaient graduellement les DES en Alberta. De récents rapports et citations tirés de Inforoute Santé du Canada indiquent que l'objectif à court terme du Canada consiste à instaurer, d'ici 2009, un système de dossiers électroniques de santé dans lequel seraient consignés les dossiers de la moitié de la population. À l'instar du Canada, le Royaume Uni, la France, l'Italie et Singapour ont réalisé des progrès importants afin de mettre sur pied des systèmes nationaux de DES et d'autres outils de technologie de l'information relatifs aux soins de santé. Plus récemment, les États-Unis ont entrepris leur projet national concernant la mise en œuvre des DES. En effet, le président du pays et les dirigeants du Congrès ont reconnu que les DES constituaient une composante essentielle des solutions visant à améliorer de façon importante les soins de santé et à réduire les coûts. Toutefois, malgré les nombreuses possibilités que cela présente, l'utilisation efficace des TI dans le domaine des soins de santé demeure un enjeu pour toutes les parties concernées. Certains rapports indiquent que le taux de réussite relativement à l'atteinte des objectifs visés dans le cadre des projets de TI dans le domaine des soins de santé pourrait être inférieur à 50%. Afin que la TI dans le domaine des soins de santé réalise son plein potentiel en ce qui a trait à la transformation des soins de santé, il est primordial de connaître les facteurs de réussite. Pour y parvenir, Accenture a récemment travaillé de concert avec Vanderbilt Center for Better Health afin de déterminer les facteurs de réussite clés relatifs à l'intégration des TI dans le domaine des soins de santé. L'étude propose un certain nombre de stratégies clés qui semblent avoir une incidence considérable sur l'adoption de nouvelles technologies par les cliniciens. Les sept « règles d'or » à observer pour une transformation clinique réussie Les chercheurs du centre Vanderbilt ont interrogé près de 50 dirigeants et cliniciens, provenant de cinq pays différents et œuvrant dans 22 hôpitaux et systèmes de santé, y compris trois organisations canadiennes, qui s'affairent à la mise sur pied de systèmes d'information clinique, comme les DES, le système informatisé d'entrée d'ordonnance (SIEO) et les systèmes d'aide à la décision clinique. Toutefois, indépendamment de la relation initiale qui existait avec l'établissement visé, la plus importante constatation découlant de cette étude est sans doute que la participation et le soutien des médecins constituent un facteur déterminant dans la réussite de la mise en œuvre du système. Nous sommes bien conscients qu'il ne s'agit probablement pas pour vous d'une nouvelle fracassante. Néanmoins, ce que l'étude nous apprend c'est que rares sont ceux qui procèdent à la mise en œuvre de systèmes d'information de la bonne façon. En outre, l'étude révèle très clairement que les organisations qui ont tenu compte de cette étape étaient beaucoup plus susceptibles de réussir la mise en œuvre que celles qui n'y ont porté aucune attention. La plupart des organisations ont appliqué cette leçon, et celles mentionnées ci dessous, que lorsque la mise en œuvre de leur système a échoué et qu'ils ont dû recommencer. Nous sommes également conscients qu'effectuer une mise en œuvre de façon adéquate requiert plus de temps et d'efforts et qu'au début du projet une somme plus considérable doit être investie. Toutefois, nous savons d'expérience qu'il est plus coûteux de devoir reprendre du début une mise en œuvre qui a échoué après un an que d'entamer le processus de mise en œuvre doucement. À la lumière de cette perspective ainsi que de l'expérience acquise et des constatations découlant de mises en œuvre qui ont été couronnées de succès, sept leçons chèrement apprises concernant la mise en œuvre de projets de TI dans le domaine des soins de santé ont été tirées à partir de l'étude menée.
- L'harmonisation du leadership sur les plans administratif et clinique
D'abord et avant tout, le leadership des cadres et le leadership clinique doivent s'entendre sur les mêmes objectifs et viser les mêmes résultats relativement aux projets de TI dans le domaine des soins de santé. En fait, notre étude montre que les cadres et les cliniciens sont plus susceptibles de s'entendre lorsqu'un projet de TI dans le domaine des soins de santé est présenté comme une partie intégrante d'une stratégie d'ensemble.
- La participation active des cliniciens dès le départ
Il est capital que l'on puisse compter sur la participation active et tangible des cliniciens dès le début du projet, c'est à dire durant l'étape de planification et tout au cours de celui ci. Les cliniciens s'attendent à ce que l'on accorde une grande importance aux commentaires qu'ils formulent quant au choix, à la conception et à la mise en œuvre du système. Lorsqu'on choisit de tenir compte de l'opinion des médecins, il est tout à fait pertinent, d'un point de vue stratégique, de faire appel à des leaders dans le domaine de la santé qui exercent une influence sur de grands groupes d'intervenants du milieu et qui, dans le cadre du projet, agiront à titre de chefs de file. Il est également logique d'avoir recours à des médecins qui s'y connaissent en TI, puisqu'ils sont plus susceptibles d'adhérer au projet dès le début.
- Un rapport unique entre les médecins et les établissements
Puisque, aux yeux des patients, les médecins forment le personnel de première ligne d'un établissement de santé, ils ont un rôle unique et indéniable à jouer. Ils doivent souvent assumer, entre autres, une responsabilité considérable dans l'adoption des DES, des SIEO et d'autres nouveaux systèmes de TI. La mise en œuvre de ces systèmes nécessitent fréquemment de la part des médecins qu'ils apportent d'importants changements à leurs pratiques et habitudes de travail bien ancrées afin de pouvoir réaliser les objectifs fixés en matière de prestation de soins aux patients et de sécurité.
Il est bien établi que le fait de demander aux médecins de faire usage des outils de TI peut causer du ressentiment, de la méfiance et même donner lieu à des comportements qui nuisent à la mise en œuvre du projet de TI. Pour éviter ces situations, les organisations dirigeantes ont commencé à chercher des moyens qui permettront aux médecins de comprendre de quelles façons les outils peuvent améliorer leurs pratiques et les résultats des traitements prodigués. Bon nombre d'organisations ont indiqué que le partage de renseignements portant sur l'amélioration de l'accès à l'information, la capacité de coordonner les soins aux malades et les autres gains qu'ont faits les premiers utilisateurs ont contribué à persuader de nombreux médecins attentistes d'utiliser la nouvelle technologie.
- Une volonté inébranlable de réussir
Les chefs de file peuvent faire d'un projet une réussite. Pour ce faire, ils doivent faire preuve d'une détermination inflexible et tenir les gestionnaires de projet responsables des progrès réalisés et du respect des échéances relatives à la mise en œuvre. Les dirigeants des établissements qui, dès le début du projet, ont consacré du temps à déterminer les enjeux possibles et à élaborer des stratégies pour y répondre s'en sont mieux tirés que leurs pairs. Les dirigeants doivent surtout mettre l'accent sur le fait que les projets de mise en œuvre clinique constituent un impératif stratégique pour l'organisation et qu'il est impossible de revenir en arrière.
- La mise en œuvre à de nouveaux endroits lorsque les avantages qu'en retireront les cliniciens sont évidents
Les organisations ont adopté diverses stratégies de mise en œuvre; ces stratégies vont de la mise en œuvre simultanée dans l'ensemble d'un établissement à la mise en œuvre par unité, sur une certaine période. Toutefois, peu importe la stratégie employée, bon nombre de systèmes de santé n'ont procédé à la mise en œuvre du nouveau système que lorsqu'une proportion suffisamment importante de dirigeants cliniques de l'unité, du service ou de l'établissement visé ont convenu que la technologie bénéficierait à l'ensemble du groupe. Pour gagner la faveur de cette proportion importante de dirigeants, de nombreuses organisations ont favorisé les échanges entres le leadership administratif, le leadership en TI et les cliniciens. Elles n'ont poursuivi le projet que lorsqu'il a été convenu que la mise en œuvre serait positive pour toutes les parties.
- Des approches personnalisées en matière de formation et de soutien
Parmi les 22 organisations qui ont participé à l'étude, certaines d'entre elles ont commencé par offrir une formation en classe aux cliniciens. Cependant, la presque totalité des organisations a plutôt décidé d'offrir une formation et un soutien personnalisés. En raison des délais très serrés qu'ils doivent respecter, les médecins sont plus réceptifs à l'idée de recevoir une formation qui peut cadrer avec leurs horaires. La volonté des médecins de s'adapter au système a monté en flèche lorsque les organisations ont commencé à leur fournir une aide personnalisée prodiguée par des formateurs. En outre, l'utilisation du système actuel dans un établissement de santé a accru l'efficacité réelle, de même que l'efficacité «perçue », de la formation.
- Une rétroaction prise en compte promptement et des cycles d'amélioration
La capacité et la volonté de recueillir et de rassembler les commentaires formulés par les utilisateurs après la mise en œuvre initiale du système sont cruciales afin d'assurer une utilisation clinique continue du système. Les organisations qui ont procédé rapidement à l'amélioration de la technologie, en fonction de l'expérience acquise par les premiers utilisateurs, ont contribué à améliorer le système, les avantages qu'il procure et sa crédibilité. L'une des principales stratégies pour faire en sorte que le nouveau système soit adopté rapidement consiste à porter une attention particulière aux commentaires que formulent les cliniciens et qui portent sur les façons de rendre le système encore plus profitable pour les patients, les cliniciens et l'établissement.
L'innovation technologique constitue une garantie que les soins de santé prodigués seront meilleurs, qu'ils seront donnés d'une façon plus uniforme, à un coût moindre et qu'ils engendreront moins de problèmes. Indépendamment du pays dans lequel la nouvelle technologie est mise en œuvre, plus le nombre de facteurs déterminants du succès qu'un établissement de soins de santé peut intégrer dans une mise en œuvre à grande échelle est important, plus l'adoption de cette technologie risque d'être facilitée et plus il est probable que les avantages que retireront les cliniciens et les patients seront considérables. Jerry M. Garcia est responsable du volet canadien des soins de santé et des sciences de la vie et répond aux besoins des gouvernements et des organismes de soins de santé et de sciences de la vie (notamment ceux qui œuvrent dans le domaine pharmaceutique, biomédical et de la recherche). Il s'est engagé personnellement à contribuer à l'amélioration des soins de santé au Canada. Lisez notre brochure Atteindre la haute performance en soins de santé. Cliquez ici pour en apprendre davantage sur nos pratiques dans le domaine de la santé et des sciences de la vie au Canada. Cliquez ici pour en apprendre davantage sur nos pratiques dans le domaine de la santé et des sciences de la vie. Haut de la page |