Pour la majorité des professionnels des technologies assez âgés pour occuper aujourd'hui des postes de direction, le mot « sécurité » renvoie à une série de problèmes qu'il n'a pas toujours été possible de régler, mais que nous avions au moins l'avantage de bien connaître : comment empêcher des pirates informatiques de saboter les systèmes ou de voler des données, comment empêcher la transmission sans discernement de renseignements exclusifs ou confidentiels sur les réseaux, etc. La sécurité a été et demeure un sujet important et complexe. De nos jours, le mot « sécurité » évoque cependant, dans l'esprit de la majorité des gens, les frontières, les aéroports, les gratte ciel ou les infrastructures nationales. Dans ce contexte, la question qui se pose pour les spécialistes des technologies est de savoir si nous avons toujours quelque chose à dire et à offrir aux organismes gouvernementaux du monde entier, dont l'attention se détourne de la protection des données pour se porter sur la protection des personnes et des lieux. Je répondrais—prudemment—par l'affirmative à cette question. Comme nous le savons tous, et c'est ce qui explique ma prudence, il n'existe pas de solution unique aux problèmes liés à la sécurité nationale, mais bien une série de solutions partielles, qui doivent être intégrées et coordonnées les unes aux autres. Cela dit, les solutions technologiques décrites ci dessous peuvent être combinées afin de créer un monde un peu plus sûr. Protection des sites critiques et du transport des cargaisons Des capteurs et la technologie des étiquettes d'identification par radiofréquence transforment actuellement les procédures de surveillance des opérations matérielles utilisées par les entreprises et les gouvernements. Par exemple, nos chercheurs de laboratoire utilisent la télématique pour résoudre des problèmes liés à la sécurisation des camions transportant des matières dangereuses. Ces technologies peuvent également être adaptées en vue de créer des installations physiques—une usine ou une centrale nucléaire, par exemple—caractérisées par une autosurveillance accrue. Jetez un coup d'œil à l'exemple du prototype Services manufacturiers, qui fait usage d'étiquettes et de capteurs grâce auxquels les machines et les pompes peuvent envoyer des messages d'alerte au sujet de leur état, ou empêcher des personnes non autorisées de les approcher ou de les réparer. Identification de personnes Le lecteur d'empreintes digitales de l'exemple précédent fait partie des solutions de plus en plus nombreuses offertes par la « biométrie ». La biométrie permet d'établir l'identité d'une personne au moyen de caractéristiques physiques ou comportementales : empreintes digitales, voix, signature, etc. Des appareils biométriques plus récents exécutent des balayages de la rétine ou de l'iris, ou analysent des caractéristiques faciales, ou même la démarche. La tendance actuelle en biométrie est de mettre au point des appareils permettant d'analyser ces caractéristiques à plus grande distance et de rendre possible la reconnaissance de personnes grâce à la surveillance vidéo des foules. Amélioration des procédures de partage des données Trouver des moyens de recueillir, de numériser et d'entreposer les données plus rapidement, c'est permettre de les exploiter dans des délais plus brefs. Le stylo et le papier numériques sont des exemples de nouvelles technologies qui permettent d'accélérer les processus de cette façon. Ces outils numérisent les notes prises à la main par des employés sur le terrain et les rendent accessibles plus rapidement à des utilisateurs d'outils d'analyse informatisés. Les technologies de partage des données sont elles aussi de plus en plus sophistiquées. Par exemple, l'Outil de découverte de connaissances répertorie des données provenant de sources diverses, il établit des liens entre elles, puis il les présente de manière à ce que les utilisateurs puissent prendre conscience le plus efficacement possible de la situation d'ensemble et des relations entre les éléments à considérer. En dernier ressort, l'efficacité de chaque outil et de chaque solution dépend de l'amélioration d'architectures d'information permettant aux organismes de recueillir et d'analyser rapidement des téraoctets de données provenant de sources diverses. Souvent, les problèmes de sécurité ne découlent pas d'un manque de connaissances, mais du fait qu'une personne ne disposait pas des connaissances nécessaires au moment où elle en aurait eu besoin. De nos jours, les technologies doivent être échelonnables et interconnectables de manière à pouvoir créer un nombre quasi infini de chaînes d'information. Par exemple, si les données concernant les admissions en salle d'urgence pouvaient être regroupées et analysées, les organismes gouvernementaux pourraient repérer plus rapidement une attaque chimique ou biologique. Nous avons l'habitude d'entendre les politiciens quémander une « meilleure collaboration » entre les niveaux et organes de gouvernement. Aujourd'hui cependant, une pareille collaboration est largement tributaire des technologies qui permettent aux diverses institutions des secteurs public et privé de mettre en commun leurs connaissances. Équilibrage des risques et des bénéfices Les technologies dont nous traitons ici sont elles sans faille? Non. Soulèvent elles des questions concernant la protection de la vie privée, qui risque d'être minée par le progrès des capacités de surveillance? Très certainement. (Consultez cette section au cours des prochains mois afin de prendre connaissance des exposés de position exclusifs d'Accenture en matière de protection de la confidentialité.) La sécurité nationale demeurera un problème complexe au cours des prochaines années. Et les technologies dont il a été question ci dessus, ainsi que d'autres technologies connexes, seront un élément capital de ce problème. Glover Ferguson est l'expert scientifique en chef d'Accenture. Haut de la page |